Mairie de Saint-Saulve

146 rue Jean Jaurès
59880 Saint-Saulve
Tél : 03 27 14 84 00
Fax : 03 27 14 84 49
e-mail :
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Superficie :  1 204 ha
11 354 habitants
APE : 751 A
SIRET : 215 905 449 000 17
Code INSEE : 544
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Marché hebdomadaire :
MARDI MATIN
Av. Charles de Gaulle

Sur les afficheurs...

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Concert de
l'Harmonie
Municipale

Samedi 1/04
à 20h

Église de
Vieux-Condé

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Loto

Dimanche 2/04
à partir de 15h

Salle des Fêtes

Org.
"Les Copains d'abord"

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Conseil Municipal

Vendredi 7/04
à 19h

en Mairie

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Loto

Dimanche 16/04
à partir de 15h

Salle des Fêtes

Org.
Club des Supporters
"Foot Loisir"

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Kiosque & divers

Calendrier des Fêtes 2017

ÉGLISES, CALVAIRES ET CHAPELLES

L’ANCIENNE ÉGLISE SAINT-MARTIN (8e s. - 1866)

  La Passio sancti Salvii («Passion de saint Saulve») mentionne déjà, à la fin du 8e siècle, une ‘basilica in honore beati Martini’ («basilique en l’honneur du bien heureux Martin»). Cette «basilique» s’élevait «en un certain lieu» (‘quodam loco’), à proximité de Valenciennes. C’est dans ce sanctuaire que l’évêque Salvius chanta sa dernière messe et que, trois ans plus tard, il fut inhumé. Ces évènements se sont passés du temps de Charles Martel (mort en 741) ; on peut en conclure que le sanctuaire existait déjà dans la première moitié du 8e siècle.

  La Passiomentionne encore les églises Saint-Vaast de Valenciennes et Sainte-Pharaïlde de Bruay, ainsi que le monastère Notre-Dame de Condé, preuves de l’ancrage du christianisme dans la région dès avant cette époque.

  Il n’est pas indifférent que la «basilique» ait été consacrée à saint Martin de Tours, dont plus de 500 communes et des milliers de paroisses de France portent le nom. «L’apôtre des Gaules» (mort en 397) est le saint le plus populaire du haut Moyen Âge, et ce sont les Mérovingiens qui propagèrent son culte à travers la Gaule : le patronage de saint Martin est souvent l’indice d’une fondation mérovingienne.

  La basilique Saint-Martin s’enorgueillissait de posséder «l’os du genou de l’illustre évêque de Tours» par qui, dit la Passio, «les aveugles ont recouvré la vue, les boiteux, la marche, les lépreux la vigueur et ceux qui étaient atteints de diverses maladies, la santé.» Rien d’étonnant, donc, à ce que Saulve ait visité ce sanctuaire.

  Le terme de basilica désigne souvent, à l’époque mérovingienne, une chapelle privée, qui, par la présence de reliques, confère au lieu un caractère sacré, propre à la sépulture des chrétiens. Or, les récentes fouilles archéologiques ont prouvé l’existence d’un cimetière, à proximité de l’ancienne église, dès le 7e siècle. Les premières traces d’habitat relevées dans les environs immédiats sont postérieures de plus d’un siècle, ce qui est tout à fait conforme au schéma habituel : la coutume mérovingienne voulait que les morts soient enterrés à l’écart des vivants, tandis que, sous les Carolingiens, les villages s’établissaient autour des églises, elles-mêmes au centre des cimetières (Cf. Philippe Ariès, l’Homme face à la mort).

  D’autre part, cette «basilique» n’est pas autrement localisée que par l’expression ‘quodam loco’, «en un certain lieu», situé à la sortie du fisc de Valenciennes. Il n’est pas naturel, au 8e siècle, qu’un lieu habité n’ait pas de nom... On peut en déduire que ce «certain lieu» était inhabité : ce devait être le cimetière d’une villa voisine, dont le propriétaire, franc et chrétien, avait fait ériger une chapelle sur un terrain proche, où il voulait être inhumé «en terre chrétienne».

  La villa en question pouvait être la Rougeville, appelée au 16e siècle ‘la Seignourie de Rogier-ville ou Rougeville’ (Jean Doudelet, Annales de Valenciennes) ; le nom du propriétaire est germanique, mais la propriété est désignée par un mot latin : nous aurions donc affaire à un établissement rural mérovingien, dont la chapelle «cimétériale», doublement sacralisée par la relique de saint Martin et par la sépulture de saint Saulve, fut le noyau du village.

  Dès lors que saint Saulve y est inhumé, le sanctuaire prend, dans la Passion, le nom de ‘basilica sancti Salvii’, «basilique de saint Saulve», et le monastère fondé à côté par Charles Martel est appelé en 870 (Traité de Meersen) ‘monasterium sancti Salvii’, «monastère de saint Saulve».

  De cette chapelle originelle, les fouilles archéologiques n’ont pas retrouvé de trace certaine - soit que, construite en bois, elle ait complètement disparu – soit qu’elle se fût trouvée en dehors du champ d’investigation. Cependant, un sol soigneusement empierré et recouvert d’un mortier «romain» parfaitement lissé, avec traces de poteaux, situé en partie sous la propriété des Sœurs Ursulines, a pu être interprété comme vestige d’un «bâtiment de qualité, et pourquoi pas de l’église primitive ?» (Eric Compagnon, Rapport de fouilles, 1992).

  L’église Saint-Martin et le monastère de Saint-Saulve furent dévastés vers 880 par les Normands, en même temps que l’église Sainte-Pharaïlde de Bruay ; ces édifices étaient encore en ruines en 914 (Cf. Raymond Durut, Bruay-sur-l’Escaut à travers douze siècles d’Histoire, 2e éd., 1991 ; cependant, on peut douter de l’authenticité de l’acte de 914, qui n’aurait eu pour but, selon certains historiens récents, que de faire entrer le domaine dans les possessions de l’abbaye Saint-Martin de Tours : cf. Anne-Marie Helvétius, Abbayes, évêques et laïques, Bruxelles, 1994).

   En 1400, le curé de Saint-Saulve obtint la ‘succursale’ de l’église Saint-Martin de l’Épaix. Jusqu’à la Révolution, les curés de Saint-Saulve ont paraphé leurs actes «curé de Saint-Saulve et de l’Espaix» (Registres d’état civil, Archives communales) ; en 1685, ‘Maistre Loüis Merÿe prestre Curé des villages de St Sauve St Roch et de Lespee lez Vallentiennes’ se plaint d’ailleurs de la fatigue et du danger occasionnés par le service des deux dernières paroisses. La «basilique Saint-Martin» de la Passio sancti Salvii n’est donc pas, comme l’ont affirmé plusieurs auteurs, l’ancienne église Saint-Martin de l’Épaix, mais bien la future paroissiale de Saint-Saulve (Cf. Bernard Florin, Fouilles archéologiques sur le site de Saint-Saulve).

  Lors des troubles religieux qui secouèrent la région, particulièrement en 1566, l’église (comme le monastère) fut dévastée par les Huguenots : les gouaches de l’Album de Croÿ représentant le prieuré et le village de Saint-Saulve montrent le monastère en partie ruiné, et un espace vide à l’endroit où l’on s’attendrait à trouver l’église paroissiale.

  L’église paroissiale Saint-Martin eut encore à souffrir du siège de Valenciennes par Louis XIV, en 1656, et fut «nouvellement rétablie par Mr. D. Jacques Tordreau Abbé dudit Saint Saulve l’An 1681, non pas pourtant en la mesme place de la premiere qui avoit esté ruiné par les funestes effets de la guerre, mais si proche de l’Eglise Abbatiale du Monastere de S. Saulve que le chœur de cette nouvelle Eglise de S. Martin est contiguë à un petit Revétuaire que nous appelons Sacristie, & qui est renfermé dans l’enceinte des murailles dudit Monastere, en sorte que le chœur de l’une & de l’autre Eglise se regardent obliquement & comme en forme d’une croix imparfaite. «(François de Verton, La Vie de l’illustre Evesque d’Angoulesme le glorieux Saint Saulve, 1685, Préface).

  Après avoir été fermée en 1790, l’église fut réouverte et bénie le 22 mai 1802. «À cette époque, l’église était dénuée de tout, sans vitre, le pavement défectueux ; il y avait un autel sans tableau et un confessionnal défectueux, quatre chandeliers en bois, un ciboire de cuivre et la moitié d’un missel. «(André Breucq, Notes historiques sur Saint-Saulve). C’est cette pauvre et minuscule église que nous présente le plan ‘consulaire’ de 1806 (Archives Municipales, Valenciennes).

  L’église fut plusieurs fois restaurée au début du 19e siècle, les derniers travaux datant de 1838, Louis Carette étant curé (les fondations du chœur de cette époque ont été mises au jour en 1989-1990, en même temps qu’une partie des murs du 17e siècle).

  Cette dernière restauration de 1838 fut financée par une souscription ; la fabrique s’engageant à faire dire une messe à perpétuité pour le plus haut donateur, les paroissiens rivalisèrent de générosité : la Veuve Dhaussy emporta la palme avec un don de deux mille francs sur plus de neuf mille collectés. Le Sieur Dubois-Fournier apporta également une contribution notable.

  «L’église fut agrandie d’environ le double. Elle avait alors 34 mètres de longueur sur 9 de largeur en une seule nef et deux chapelles latérales formant la croix. Le chœur, d’environ huit mètres de profondeur, rehaussé de deux marches au-dessus du niveau de l’église, était éclairé par deux grandes fenêtres cintrées, et les chapelles d’environ 6 mètres, éclairées chacune par une fenêtre. La grande nef était éclairée par trois fenêtres de chaque côté. L’église, couverte en ardoises, était aussi plafonnée, et pavée en pierre bleue, le chœur en pierres polies avec rosaces en marbre de diverses couleurs. Le clocher au-dessus du portail était en charpente, et aussi couvert d’ardoises ; il renfermait une cloche assez forte.» (André Breucq).

  «La chaire était à droite, ainsi que l’étroite sacristie ; en face, sur un socle adossé au mur, il y avait une grande châsse en bois large de 60 centimètres et plus haute que large. Du même côté gauche, en entrant, se trouvait la petite chapelle de saint Saulve, avec le buste du Patron, et en bas le trou où se plaçait le pied pour que la main pût atteindre l’image vénérée» (témoignage de François Foucart, qui fut enfant de chœur de 1837 à 1842 : Rapport sur les reliques qui se trouvent dans la Châsse déposée au presbytère de Saint-Saulve, manuscrit, 1915, Archives de la Paroisse).

  La façade n’avait pas changé depuis le 17e siècle, puisque la date de 1681 s’y lisait encore en 1855 (Cf. Louis Cellier, ‘Notes sur les églises de Beuvrages et de Saint-Saulve’). C’est ce dernier état qui est représenté par un tableau de 1852, attribué à Moreau-Deschanvres (alors âgé de 14 ans), et par un dessin de Louis Cellier (1856).

  «En 1860, l’église était encore devenue trop petite pour la population. Aussi le Conseil municipal avait-il songé à en construire une nouvelle (...) Les choses restèrent en cet état jusqu’en 1862, époque où Monsieur et Madame Hamoir firent l’offre d’en bâtir une nouvelle. » (Notes d’André Breucq). Suite à la consécration de la nouvelle église, l’ancienne fut démolie, en 1866, laissant la place à des logements pour les indigents, le «Coron des Pauvres», rebaptisé en 1971 «Résidence Hamoir», en souvenir de ses donateurs. En 1991 a été construit, à cet emplacement, le Centre Athéna.

L’ÉGLISE «SAINT-MARTIN, SAINT-SAULVE ET SAINT-ALBERT»

  C’est sous le triple vocable de «Saint-Martin, Saint-Saulve et Saint-Albert» qu’a été consacrée l’église, le 16 juillet 1865, par Monseigneur Régnier, archevêque de Cambrai et ancien évêque d’Angoulême, assisté de Monseigneur Cousseau, évêque d’Angoulême, et de Monseigneur Frucheau, évêque de Limoges et ancien vicaire général d’Angoulême. Cette concélébration devait rappeler l’origine supposée de saint Saulve, qui est souvent présenté comme évêque d’Angoulême - ce qui n’est pas prouvé, mais n’est pas impossible : son culte est célébré dans ce diocèse à la même date que dans celui de Cambrai, et non loin d’Angoulême est vénéré un saint Supiri, qui rappelle étrangement saint Supère, nom donné au compagnon de saint Saulve.

  Le premier vocable, Saint-Martin, reprend celui de l’église primitive. Cependant, la médaille gravée par Caffiaux en 1865 porte en exergue l’inscription «église Saint-Albert» ; c’est aussi le vocable que lui donne l’article paru à l’époque dans le journal l’Illustration... en hommage à Albert Hamoir, fils des fondateurs, mort en 1861, à l’âge de 21 ans.

  Cependant, saint Martin reste le premier patron de l’église et de la paroisse.

  Saint Martin est représenté trois fois à l’intérieur de l’église : un vitrail et deux statues (maître-autel, chapelle latérale droite), et deux fois à l’extérieur : deux statues (au-dessus du porche et au pignon Sud). En principe, l’autel latéral de droite est consacré au premier patron de l’église, ici saint Martin ; ce dernier a été ici remplacé à l’origine par saint Albert, puis par le Sacré-Coeur, dont le culte s’est répandu à la fin du 19e siècle et au début du 20e : la statue de saint Albert a donc disparu. Quant à celle de saint Martin, elle a été reléguée sur la muraille de la chapelle du Sacré-Coeur...

  Saint-Saulve est représenté de nombreuses fois dans l’église : statue du maître-autel (niche du haut, contrairement à l’usage, qui réserve cette place au saint patron de l’église ; saint Saulve est ici représenté de façon inhabituelle, tenant un livre ouvert), vitrail, buste, polyptyque, statue au pignon Nord, ancienne fresque au tympan Ouest (effacée lors de la dernière restauration). Le buste en bois polychromé, de la fin du 18e ou du début du 19e siècle, provient de l’ancienne église.

  Saint Albert est représenté par un vitrail(1) dans la chapelle de la Vierge, à côté de saint Abel, patron du second fils Hamoir, mort en 1860 à l’âge de 17 ans. Édouard et Mélanie Hamoir ont fondé en sa mémoire l’asile Saint-Abel, pour l’instruction des enfants pauvres.

1. Sur ce vitrail, saint Albert est représenté tenant un livre ouvert, attribut traditionnel des docteurs de l’Église. On pourrait donc penser qu’il s’agit de saint Albert le Grand, alors qu’il s’agit d’un autre saint Albert, évêque de Liège.

LA CONSTRUCTION DE L’ÉGLISE (1863-1865)

  Suite à l’essor industriel de la région, la population de Saint-Saulve était passée de 1355 habitants en 1837 à 2031 en 1861, et l’ancienne église Saint-Martin, bien qu’augmentée du double de sa surface en 1838, était devenue insuffisante.

  Le Conseil de fabrique de la paroisse et la Municipalité avaient donc envisagé un nouvel agrandissement quand, le 28 janvier 1862, Édouard Hamoir soumit à «Messieurs les Maire, Adjoints et Membres du Conseil municipal de la Commune de St. Saulve»(2) son projet de faire construire, à ses frais, une nouvelle église. Dans sa séance du 13 février 1862, le Conseil municipal accepta cette proposition, et vota une adresse de remerciement.

  Faute de solution amiable pour l’acquisition du terrain nécessaire à cette construction, la municipalité recourut à l’expropriation, qui fut reconnue d’utilité publique par le décret du 2 juillet 1862, et le 27 septembre, le Tribunal civil de Valenciennes déclara «expropriés, pour la même cause, les terrains nécessaires à la construction de l’église, à la place qui la précède et à la rue qui se prolonge au-delà

  Les travaux furent entamés le 23 février 1863, et la première pierre fut bénie le 17 mars suivant. Ces travaux durèrent plus de deux ans, et tout était prêt pour la consécration de l’église, le 16 juillet 1865.

  En même temps fut construit le presbytère, également en style «gothique», et en briques et pierre blanche. (L’inhumation provisoire du curé Maës dans le jardin du presbytère, en 1918, a donné naissance à la légende d’un trésor enfoui... cf. le chap. Traditions populaires)

  En 1925, le maire anticlérical Louis Maillard veut récupérer ce bâtiment communal, loué à la paroisse, pour en faire un bureau de poste. Ce qui sera fait, malgré une pétition signée par 676 personnes, sur les 991 électeurs de la commune. C’est ainsi que fut construit le presbytère actuel, en 1926, avec des fonds du diocèse et de la paroisse.

2. L’original est conservé aux Archives communales.

DESCRIPTION DE L’ÉGLISE

   L’église, ainsi que son mobilier, ont été construits sur les plans de l’architecte valenciennois Dutouquet. Le Romantisme ayant réhabilité le style gothique, c’est «dans le style bien caractérisé du treizième siècle» que fut conçu l’ensemble.

  Le gros œuvre fut confié à l’entreprise Blondeau, qui l’exécuta jusqu’à la hauteur des piliers, et à l’entreprise Fortier, qui termina l’ouvrage. Les trois autels, les fonts baptismaux, la chaire, les stalles et les confessionnaux sont l’œuvre de l’entreprise Goyers. Le bâtiment est construit en pierre calcaire de Saint-Maximin (Oise) et en briques, sur soubassement de grès, et couvert en ardoises.

  Sa longueur totale est de 44 m 27(1), la largeur du transept de 22 m 76, celle de la nef de 18 m 53. Le clocher, y compris la flèche et la croix, a 47 m 00 de hauteur. Le faîtage est à 18 m 40, la grande nef mesure 11 m 90 sous clef, les bas-côtés 8 m 90. Les piliers ont 5 m 65 de haut, et le maître-autel s’élève à 9 m.

  Les vitraux sont l’œuvre du maître verrier Maréchal, de Metz. Celui qui se trouve au centre du chœur, au-dessus du maître-autel, représente l’Ascension ; les deux verrières qui l’encadrent représentent la Nativité et Jésus parmi les docteurs. Au-dessus des portes des sacristies se trouvent deux vitraux représentant : à gauche, sainte Mélanie, portant l’asile Saint-Abel, fondé par Mélanie Hamoir, dont le portrait figure en bas, dans un médaillon ; à droite, et lui faisant face, saint Édouard, avec en médaillon le portrait d’Édouard Hamoir.

  Les pignons des deux transepts s’ornent chacun d’une rosace, à dominante bleue au Nord, et à dominante rouge au Sud. Dans la chapelle de droite (à l’origine celle de saint Albert), une double verrière représente saint Martin et saint Saulve (ce dernier est reconnaissable par ses attributs, la hache et le taureau aux cornes lumineuses). La chapelle de la Vierge, à gauche, s’orne elle aussi d’une verrière géminée, aux effigies de saint Albert et saint Abel.

  Les quatorze verrières des bas-côtés sont en mosaïque de grisaille avec des motifs floraux en couleurs. En haut, les rosaces représentent les quatorze stations du chemin de croix.

  Le maître-autel est surmonté de trois clochetons contenant les statues de saint Martin (à gauche), saint Saulve (au centre) et saint Albert (à droite). Sur les deux bas-reliefs de la table sont figurés la Cène et le sacrifice de Melchisédech.

  Dans les deux chapelles latérales, les statues de la Vierge et de saint Albert étaient, à l’origine, encadrées par deux anges adorateurs.

  Les panneaux de la chaire sont ornés des figures des quatre évangélistes accompagnés de leurs attributs : saint Matthieu (l’homme), saint Marc (le lion), saint Luc (le bœuf), saint Jean (l’aigle).

  La «chapelle Saint-Saulve» a été installée et bénie en 1902, à l’occasion des fêtes du «XIe centenaire de la  translation des reliques de saint Saulve et de saint Supère». Ces fêtes commémoraient, avec un an de retard, l’intervention supposée de Charlemagne, censé avoir fait découvrir les corps des deux martyrs, et les avoir fait transférer en l’église Saint-Martin, un an après son couronnement.

  Le décor mural de cette chapelle est l’œuvre du peintre saint-saulvien Auguste Moreau-Deschanvres (1838-1913). Il consiste en une draperie où alternent, dans des cartouches entourés de feuillages, les aigles bicéphales noires sur or et les fleurs de lis d’or sur azur des armes de Saint-Saulve (qui sont aussi les armes imaginaires de Charlemagne). Au-dessus, séparé par une bande d’or portant les mots : «Anno millesimo centesimo post translationem sanctorum martyrum Salvii et Superii die VI Julii consecratur altare novum» (Onze cents ans après la translation des saints martyrs Saulve et Supère, le 6 juillet, est consacré le nouvel autel), est un semis de têtes de taureaux aux cornes desquels pendent des lampes. Deux anges tiennent un phylactère portant l’invocation : «Cultor Xti Salvius eps martyrque gloriosus intercedat pro nobis» («Que le dévôt du Christ, Saulve, évêque et martyr, intercède pour nous»).

  La statue de saint Saulve, en bois polychromé et doré, de la fin du 18e ou du début du 19e siècle, provient de l’ancienne église, d’où elle fut ramenée en grande pompe, en même temps que les vases sacrés, le 16 juillet 1865. Elle est placée sous un dais en bois doré et peint, de style gothique, qui peut être fermé par les panneaux d’un quadriptyque où ont été peints, par un certain V. Facon, de gauche à droite : «saint» Charlemagne, nimbé d’or, portant en réduction l’église de l’ancienne abbaye ; la translation des reliques en présence de Charlemagne, dans un paysage rustique où l’on aperçoit l’étable de Beuvrages et l’abbaye ; la décollation de saint Saulve et saint Supère ; saint Supère en vêtements de diacre, portant un ciboire. Ces tableaux ont été, aux dires de l’abbé Bricout(2), inspirés par des documents anciens (lesquels ? c’est ce qui n’est pas dit...) ; on peut donc supposer que les représentations de l’abbaye et de l’église abbatiale sont plus ou moins conformes à la réalité. L’ébénisterie est l’œuvre des élèves de l’école Saint-Jean-Baptiste de Valenciennes.

  La chapelle est agencée de manière que les pèlerins puissent accomplir le principal rite du «Pied au Tro», qui consistait à faire toucher les images et médailles au buste du saint : c’est pourquoi l’autel, réduit à une simple table garnie d’un retable minimal, est placé au centre de la chapelle, ménageant un passage devant la statue. Les pèlerins entraient par la porte du bas-côté droit, et ressortaient par celle située sous le clocher ; où ils pouvaient ensuite «recevoir les Évangiles» devant la grille fermant la chapelle.

  Ces rites, pratiqués de la Mi-Carême au dimanche de la Passion, avaient pour but la préservation et la fécondité des personnes et des animaux (en particulier des bovins), ainsi que la fertilité des champs et la sauvegarde des biens (voir le paragraphe consacré au «Pied au Tro»).

  À l’entrée du bas-côté gauche se trouvent les fonts baptismaux, qui consistent en une simple cuve de pierre supportée par une unique colonne. À proximité se trouvent les statues de saint Antoine de Padoue et de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui attirent encore quelques dévôts, et surtout la grotte de Notre-Dame de Lourdes, qui reçoit de nombreuses visites, comme en témoignent les cierges allumés et les prières et remerciements inscrits au cahier d’intentions.

  Juste à côté se trouve la statue du Christ aux outrages, dont l’appellation populaire de «Bon Dieu de Pitié» semble justifiée par l’inscription du socle : «Voyez s’il est une douleur comparable à la mienne. 1913.» Peutêtre faut-il voir dans l’installation de la statue et dans l’inscription une allusion aux difficultés rencontrées par la paroisse à cause des exigences du maire anticlérical Victor Hornez (1906-1922), qui appliqua avec une rigueur extrême la loi de séparation de L’Église et de l’État (interdiction des processions sur la voie publique, doublement du loyer du presbytère et autres vexations). Cette inscription était en tout cas prémonitoire, sinon prophétique, puisque l’année suivante éclatait la «Grande Guerre».

  Le 14 juillet 1921 fut béni le monument «aux paroissiens de St-Saulve morts pour la patrie», qui consiste en deux plaques de marbre où figurent 88 noms, enchâssées dans une menuiserie sculptée aux armes de Saint-Saulve.

1. Ces chiffres, d’une extême précision, sont donnés par la brochure de l’Abbé Capelle, curé-doyen de Saint-Géry à Valenciennes, Fêtes religieuses qui doivent se célébrer à Saint-Saulve (lez-Valenciennes) à l’occasion de la consécration de l’église le 16 juillet 1865, Valenciennes, imprimerie de E. Prignet, libraire-éditeur, s.d. [l’approbation épiscopale est datée du 17 mai 1865, l’"Hommage à Monsieur et Madame Édouard Hamoir» du 1er juin 1865].

2. Fêtes solennelles du XIe Centenaire de la Translation des Reliques des bienheureux Saulve et Supère, Martyrs, Dimanche 6 Juillet 1902, Cambrai, imprimerie Deligne et Cie , s.d. [1902].

CALVAIRES ET CHAPELLES

CALVAIRES

  Une planche de l’Album de Croÿ, représentant Saint-Saulve aux alentours de 1600(1), montre une croix de pierre à la sortie du village (sur l’ancienne route de Mons, vers le «Marquis») ; s’agit-il d’un calvaire ou d’une «croix de banlieue» (comme la «Croix d’Anzin») ?

  Un plan d’arpenteur(2) daté de 1782 indique un calvaire sur le «chemin de Condé» (à peu près à l’emplacement du «musée Serbat»). On ne sait ni quand il avait été érigé, ni quand il a disparu. Dans le parc Serbat se trouve actuellement une croix en fer forgé sur un socle de grès ; mais n’a-t-elle pas été rapportée par Louis Serbat, grand récupérateur d’objets «archéologiques» en tout genre ?

  «D’après les anciens écrits» (lesquels ?), il existait un calvaire (à quel endroit ?) «vers 1760»(3).

  Le calvaire actuel existait déjà en 1828(4), comme l’atteste cette lettre datée du 18 octobre de cette année-là :

  Monsieur le Curé,(5)

  Les propriétaires de la verrerie de Saint-Saulve, qui ont fait le vœu de mettre un christ à la chapelle de Saint-Saulve lorsqu’ils recevraient l’autorisation royale pour leur établissement, sont en mesure de le remplir. Le christ vient d’arriver de Paris, la croix est faite, l’autel de la chapelle est établi, en outre ladite chapelle est pavée par leurs soins. Enfin tout est prêt pour la cérémonie de la plantation et de la bénédiction. Vous pouvez donc, Monsieur le Curé, fixer le jour pour cette cérémonie religieuse et engager les fidèles à y assister. Lesdits propriétaires désirent que la présente lettre demeure dans les archives de l’église afin de perpétuer la connaissance non de leur don, mais du motif de leur vœu et de son exécution.

  Ils ont l’honneur d’être, Monsieur le Curé, vos très humbles et dévoués serviteurs.

                                                                                                                   Lequeste, Guist et Cie.

  «Ce calvaire a été restauré grâce à Mélanie Hamoir en 1882. L’ancien christ en bois a été remplacé par un autre en fonte, provenant, paraît-il, du calvaire de l’ancien cimetière.»(6) On ne sait pas si les deux statues de la Vierge et de saint Jean - aujourd’hui disparues – qui encadraient le crucifix étaient d’origine, ou si elles ont été ajoutées ultérieurement.(7)

  Le calvaire du nouveau cimetière est érigé sur la sépulture de l’ancien maire Philippe Lécuyer, mort en 1880, et de son épouse Pauline Dubois, qui l’avait précédé en 1858.

 

1. Édition de Jean-Marie Duvosquel, t. xxv , pl. xv. Les planches concernant le Hainaut ont été peintes    entre 1598 et 1602.

2. Archives Municipales de Valenciennes, I.I. 230.

3. André Breucq, Notes historiques sur Saint-Saulve, p. 21.

4. Félicien Machelart, Le Patrimoine des Communes du Nord, Paris, 2001, date ce calvaire de 1824.

5. Il s’agit d’André Prévost, curé de 1824 à 1835, décédé à Saint-Saulve le 5 septembre 1835 et inhumé dans le cimetière paroissial ; sa croix funéraire en pierre bleue a été découverte lors des fouilles de 1990.

6. André Breucq, Notes..., p. 21. La dernière inhumation dans ce cimetière eut lieu le 10 août 1862 (id.,ibid.).

7. Cette adjonction est antérieure, en tout cas, à la Première Guerre.

CHAPELLES

  Un plan de 1731(8) indique une chapelle située non loin de la «cense Sainte Élisabeth», à proximité du terroir d’Onnaing. Cette «chapelle», dédiée à Notre-Dame de (ou du) Bon Secours, existait encore avant la dernière guerre. D’après les descriptions de vieux Saint-Saulviens, il s’agissait en fait d’un oratoire comme on en voit encore dans les campagnes des environs, en briques, haut d’environ deux mètres et large d’un, avec une niche à mi-hauteur contenant la statue.

  Non loin de là, sur l’ancien chemin de Condé (actuellement rue des Vieux Prés), se trouvait, jusqu’à la même époque, la «chapelle Saint-Roch».

  Henri Dubois-Fournier avait fait construire vers 1830 dans le parc de son château (dit aujourd’hui «château Fortier») une chapelle en briques, à partir d’une façade surmontée d’un clocheton qui existait «depuis un siècle.(9) Cette chapelle néo-gothique en briques et pierre, ornée de huit verrières, était dédiée à la Vierge. Dubois-Fournier «obtint d’y faire célébrer la messe à certains jours »(10). Jusqu’entre les deux guerres s’y arrêtaient les processions. La chapelle fut démolie vers 1985.

  Deux chapelles, dédiées à la Vierge, ont été construites dans la deuxième moitié du 20e siècle : la chapelle Notre-Dame de la Trinité, rue Emile Zola, construite par la famille Saudo, et la chapelle construite par la famille Harbion, rue Victor Hornez.

8. Plan du cours de l’Escaut..., dressé par le Sieur Biache, copie de 1942, Direction des Voies Navigables, Valenciennes.

9. Un Patriarche. Vie de M. Dubois-Fournier, 1768-1844, par le P. Paul Dubois, Lille, s.d., p. 143.

10. Id., ibid.

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Au menu

Mardi 28 mars

Salade de
tomates

Sauté de boeuf
Pommes de terre,
haricots verts

Yaourt

Biscuit

Mercredi 29 mars

Champignons
frais

Croque-monsieur
à la béchamel
Salade

Yaourt

Goûter

Jeudi 30 mars

Salade d'endives
1/2 oeuf dur

Blanquette
de dinde
Carottes Vichy,
riz

Camembert

Fruit

Vendredi 31 mars

Carottes râpées

Poisson à
la tomate
Semoule aux
petits légumes

Kiri

Fruit

Lundi 3 avril

Concombres
à la crème

Chicons
au gratin

Camembert

Gâteau de
semoule

Mardi 4 avril

Salade de
tomates

Cuisse de
poulet
Semoule,
ratatouille

Fromage

Fruit

Mercredi 5 avril

Courgettes râpées,
dés de mimolette

Sauté de
canard
Flageolets

Pomme

Goûter

Jeudi 6 avril

Potage tomate
vermicelles

Sauté
de veau
Brocolis à
la crème

Comté

Poire

Vendredi 7 avril

Betteraves
rouges crues

Pavé de colin
Quinoa

Petits-suisses

Lundi 10 avril

Concombres

Boeuf bourguignon
Pâtes tricolores
au beurre

Yaourt

Goûter

Mardi 11 avril

Salade
piémontaise

Sauté de porc
Haricots verts

Vache qui rit

Fruit

Goûter

Mercredi 12 avril

Radis

Sauté d'agneau
Flageolets à
la provençale

Fromage

Fruit

Goûter

Jeudi 13 avril

Potage tomate
et croûtons

Blanquette
de veau et
ses légumes
(navets, poireaux,
pommes de terre
vapeur)

Cantal

Fruit

Goûter

Vendredi 14 avril

Friand au
fromage

Filet de poisson
citronné
Gratin de
courgettes

Tomme blanche

Fruit

Goûter

Mardi 18 avril

Tomates
mozzarella

Omelette nature
Jardinière de
légumes,
pommes de terre

Crème dessert
chocolat,
biscuit

Goûter

Mercredi 19 avril

Concombres

Riz mexicain
(chorizo, lardons,
poivrons, tomates,
oignons)

Chanteneige

Fruit

Goûter

Jeudi 20 avril

Salade
piémontaise

Veau sauce
forestière
Carottes Vichy

Gouda

Fruit

Goûter

Vendredi 21 avril

Salade
coleslaw

Dos de cabillaud
au gratin

Tartare

Fruit

Goûter

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