Mairie de Saint-Saulve

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Superficie :  1 204 ha
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APE : 751 A
SIRET : 215 905 449 000 17
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Calendrier des Fêtes 2017

LE HAUT MOYEN-ÂGE

 UNE CHAPELLE MÉROVINGIENNE, UN VILLAGE CAROLINGIEN

    Nous sommes fort peu renseignés sur l’occupation de notre sol sous l’Empire romain, en dehors de quelques monnaies ramassées «dans les champs», qui, en l’absence de vestiges, ne constituent rien de plus qu’une preuve de passage ; de plus, les lieux de collecte ne sont pas toujours connus précisément, ce qui enlève beaucoup d’intérêt à ces trouvailles. En revanche, des tegulae et imbrices (tuiles) et des restes de maçonnerie apparus dans les labours, vers Onnaing et vers Estreux, mériteraient une recherche archéologique.

  C’est seulement à partir du haut Moyen Âge, et plus précisément à la fin de l’époque mérovingienne et au début de l’ère carolingienne, que la toponymie, l’hagiographie et l’archéologie, c’est-à-dire l’étude des noms de lieux, celle des vies de saints et celle des vestiges, attestent une présence humaine. Pour cette période sont connus : 1°) deux lieux-dits, «la Rougeville» et «le Roucou», aux noms typiques des domaines «francs» ; 2°) la «basilique» dédiée à saint Martin, mentionnée dans la Passion de saint Saulve, écrite à la fin du 8e siècle ; 3°) le «monastère» de Saint-Saulve, qui apparaît dans un texte écrit par Éginhard (770-840) ; 4°) une nécropole du 8e siècle, révélée par les fouilles archéologiques ; 5°) un fond de cabane de tradition mérovingienne, découvert à la limite d’Onnaing ; 6°) un ensemble de fonds de cabanes et de fossés des 9e-10e siècles, également mis au jour au cours des fouilles à l’emplacement de l’ancienne abbaye.

L’APPORT DE LA TOPONYMIE : DEUX DOMAINES DU HAUT MOYEN ÂGE, LA ROUGEVILLE ET LE ROUCOU

  La «Seignourie de Rogier-ville ou Rouge-ville» est mentionnée par le chroniqueur valenciennois Jean Doudelet (fin 16e- début 17e siècle). Le nom de ce lieu-dit, situé au bord de l’Escaut, est formé du prénom germanique Roger et du mot latin villa, qui désigne un domaine rural, exploité par un riche personnage qui souvent lui a donné son nom : la Rougeville est «le domaine de Roger» (le nom est germanique, mais le propriétaire ne l’est pas forcément : les prénoms germaniques ont été mis à la mode par l’aristocratie franque). Non loin de la Rougeville, vers Bruay, se trouve un autre lieu-dit, «le Roucou», mentionné en 1349 sous la forme Rocourt, et en 1650 sous la forme Roucourt. Il existe dans le Hainaut belge, près de Péruwelz, un village du nom de Roucourt, mentionné vers 1050 sous la forme Rotgeri curtis, formé lui aussi sur le prénom Roger, suivi du latin curtis, qui désigne un enclos, un domaine. S’agit-il du même Roger qu’à la Rougeville ?

  Toujours est-il que ces deux domaines, la Rougeville et le Roucou, sont proches de l’Escaut (les villages mérovingiens s’implantaient généralement auprès d’une rivière ou d’un point d’eau) et du cœur historique de Saint-Saulve, où les fouilles archéologiques ont révélé, en 1990-91, une partie d’un cimetière du 8e siècle, et où se trouvait, selon toute probabilité, l’église primitive dédiée à saint Martin. Ils faisaient sans doute partie du «fisc» de Valenciennes, qui «comportait certainement une villa principale, siège du palatium, et plusieurs villae satellites dont l’une comprenait donc les églises Sainte-Pharaïlde et Saint-Saulve. «(A.-M. Helvétius, p. 187 ; la basilique Sainte-Pharaïlde mentionnée dans la Passion de saint Saulve est devenue l’église paroissiale de Bruay-sur-l’Escaut.)

L’APPORT DE L’HAGIOGRAPHIE : LA PASSION DE SAINT SAULVE

  L’église Saint-Martin existait dès la première moitié du 8e siècle : c’est ce qui ressort de la lecture du plus ancien texte relatif à Saint-Saulve, la Passio sancti Salvii episcopi et martyri, «Passion de saint Saulve, évêque et martyr». Ce texte, écrit à la fin du 8e siècle, relate des événements advenus sous Charles Martel, donc avant 741, date de sa mort.

  Comme son nom l’indique, la Passion ne raconte pas la vie de Saint Saulve, dont nous ne savons à peu près rien, sauf qu’il était évêque et qu’il venait d’Auvergne (c’était un évêque sans siège fixe, un évêque itinérant, comme il en existait beaucoup sous les Mérovingiens). La Passion relate la venue «en un certain lieu» (qui deviendra Saint-Saulve), situé à la limite du fisc de Valenciennes, de l’évêque Salvius et d’un «disciple» dont nous ne savons même pas le nom, leur arrestation par le fils d’un notable des environs, leur exécution, leur inhumation dans une étable à Beuvrages, la révélation du crime au «roi» ou «duc» Charles, la découverte des corps et leur translation dans la «basilique Saint-Martin» (choisie par le saint lui-même), le châtiment du coupable et de ses complices, plusieurs miracles opérés par l’intercession du «martyr», et la fondation d’un monastère (qui deviendra l’abbaye de Saint-Saulve).

Le récit de la Passion de saint Saulve

 «Au temps du très glorieux Charles, duc des Francs» vint au fisc de Valenciennes un évêque nommé Saulve, qui prêchait la pénitence et annonçait le royaume des Cieux. Sortant de Valenciennes, il vit «en un certain lieu» une «basilique» dédiée à saint Martin. Il y demande l’hospitalité pour lui et son «disciple», et passe la nuit en prières ; le lendemain, il prêche devant le peuple attiré par sa renommée, et célèbre la messe. Le procurateur du fisc, Génard, l’invite à sa table ; au repas assiste le fils de Génard, Winegard, qui est pris de convoitise à la vue des ornements et des vases sacrés de l’évêque (l’auteur insiste sur la richesse de ces objets, que Saulve exhibait intentionnellement, «parce qu’il souhaitait ardemment accéder au martyre »). Saulve s’étant mis en route vers le monastère Notre-Dame de Condé, Winegard vint à sa rencontre, près d’un ruisseau nommé «Buntio», sous prétexte qu’il avait une église à consacrer ; Saulve refusant de le suivre, Winegard ordonne à ses serviteurs de s’emparer de ses biens : les vases sacrés en or sont transformés en selle de cheval ; Saulve et son compagnon sont jetés en prison.

  Ne sachant que faire de ses prisonniers, Winegard demande conseil à Génard, son père, lequel lui laisse entendre que, s’il les libère, il n’aura plus de repos, alors qu’en les tuant, il sera simplement homicide... Winegard envoie donc son serviteur Winegaire pour les exécuter, mais celui-ci, voyant l’évêque si calme dans sa prière, hésite, et propose même aux deux prisonniers de s’enfuir avec lui, ce que refuse l’évêque, exhortant au contraire son bourreau à exécuter l’ordre de son maître. Excédé du retard de Winegaire, Winegard envoie un autre serviteur, qui hésite aussi. Mais Saulve tend la nuque, et enfin Winegaire lui tranche la tête d’un coup de hache ; son disciple supplie Dieu de ne pas l’abandonner, et il est exécuté à son tour.

   Les deux corps sont enterrés dans une étable, en croix, l’évêque en premier, le disciple au-dessus (d’où le nom de Superius, Supère, qui lui fut attribué par les chroniques postérieures). Or, cette étable est occupée par un troupeau de vaches et de bœufs dont le chef e st un taureau d’une grandeur extraordinaire ; et ce taureau garde nette la place où sont enterrés les corps, et en interdit l’accès à tous les autres animaux. Une nuit, une voisine, nommée Rasuéra, aperçoit une lumière provenant de l’étable ; s’étant approchée, elle constate que cette lumière provient de deux lampes accrochées aux cornes du taureau, éclairant toute l’étable comme en plein jour (on apprend alors que l’étable se trouve à Beuvrages ; une légende postérieure dit qu’en ce lieu fut construite l’église de Beuvrages). À la même époque, le roi Charles est requis en songe (à trois reprises, comme de juste) de mener une enquête sur le meurtre et la sépulture de saint Saulve. Les coupables sont rapidement confondus, et c’est le roi en personne qui prononce la sentence : Winegard, en tant qu’instigateur du meurtre, et son père Génard, en tant que complice, auront les yeux arrachés et seront châtrés ; le serviteur Winegaire, en tant que simple exécutant, n’aura «que» les yeux arrachés.

  Ayant rassemblé tous les prélats et l’ensemble du clergé, le roi fit procéder à la translation solennelle. Après avoir été embaumés et vêtus de magnifiques ornements, les deux corps sont posés sur un char neuf tiré par des bœufs. On veut les mener vers l’église Saint-Vaast de Valenciennes, mais ils deviennent si pesants que les bœufs ne peuvent avancer. On pense alors à l’église Sainte-Pharaïlde : nouvel échec (une légende locale dit que l’un des bœufs, renâclant, fit jaillir d’un coup de sabot une source dite «Bleuse Fontaine», connue depuis le 17e siècle sous le nom de «Fontaine Saint-Saulve», encore visible naguère à Beuvrages). On laisse alors seulement deux bœufs attelés, qui se dirigent - à telle allure que le peuple a du mal à les suivre en courant - directement vers la basilique Saint-Martin. C’est donc en ce lieu, choisi par eux-mêmes, que Saulve et son disciple sont inhumés. Charles dote alors saint Saulve lui-même du tiers des revenus du fisc de Valenciennes.

  Puis le roi convoque une assemblée «selon la coutume des Francs». A cette assemblée participe un duc «que le roi aimait beaucoup». Les deux sœurs de ce duc se plaignent de ce qu’il a accaparé leur part d’héritage ; l’intéressé nie. Le roi lui propose de prouver sa bonne foi en prêtant serment sur le tombeau de saint Saulve. Ayant juré «par ce lieu saint et par le bienheureux évêque Saulve», le parjure «creva par le milieu», et plus personne n’osa jurer en vain au nom de saint Saulve. Génard, père de Winegard, lègue tous ses biens à saint Saulve ; Winegard, l’instigateur du crime, finit sa vie à l’abbaye de Saint-Amand. Son serviteur Winegaire, invoquant sa victime, recouvre l’usage d’un oeil, et se fait berger au service du monastère de Saint-Saulve. De nombreux malades sont guéris à l’invocation de saint Saulve.

Le contenu historique de la Passion

  Bien que bâtie sur un canevas conventionnel commun à beaucoup de légendes hagiographiques, la Passio sancti Salvii nous renseigne sur l’existence, au début du 8e siècle, d’institutions et établissements civils et religieux : le pagus (grosso modo, le comté) de Hainaut, le domaine fiscal de Valenciennes, la «basilique » Saint-Martin, le monastère Notre-Dame de Condé, la villa de Beuvrages, les églises Saint-Vaast de Valenciennes et Sainte-Pharaïlde de Bruay (plus une troisième qui n’est pas encore consacrée), l’abbaye de Saint-Amand ; de plus, les pérégrinations de Saulve, avant et après sa mort, supposent l’existence d’un réseau de communications adapté. Voilà autant de preuves que la région est déjà bien organisée, sur le plan civil autant que religieux ; la venue de l’évêque Salvius n’est donc pas un acte de christianisation du Hainaut : la Passion elle-même dit que «le peuple suivait la loi chrétienne» ; certes, après la christianisation du nord de la Gaule, assurée en particulier par saint Martin (vers 316-397), «la vague païenne des invasions submergea cette frêle imprégnation chrétienne» (G. Faider-Fetmans, p.11), mais aux 6e et 7e siècles, dans nos régions, de nombreux saints comme Vaast, Géry ou Amand ont repris le flambeau.

   La «mission» de Saulve vise plutôt l’affirmation – voire la reprise en main - du pouvoir politique, appuyé sur le religieux, comme l’a bien montré Pierre Chapron. Le siècle de Charles Martel est en effet une période assez trouble où, faute d’un pouvoir fort, il règne dans ce qui reste de la Gaule une quasi anarchie, sous fond de rivalité entre «Francs» d’Austrasie et «Romains» de Neustrie (l’Escaut sert de frontière) et de menace des «Sarrazins» (rappelons-nous Poitiers, 732...) : «les grandes familles sénatoriales, qui fournissaient le personnel ecclésiastique des diocèses et le haut personnel laïque de l’administration, se font de plus en plus rares... La société se déromanise rapidement, et ce sera chose faite, ou à peu près, au commencement du VIIIe siècle» (Henri Pirenne).

Or, Salvius, Saulve, est le seul nom d’origine latine de la Passion, tous les autres étant germaniques. Certes, il ne faut pas nier l’influence de la mode, de nombreux «Gallo-Romains» portant des noms germaniques, à l’imitation de l’aristocratie franque... On peut toutefois se demander ce que fait en Hainaut cet évêque aquitain, alors même que de nombreux diocèses, surtout en Aquitaine, sont dépourvus d’évêque ! Des textes postérieurs voient en Saulve un évêque d’Angoulême, où sa fête est célébrée le 26 juin, comme dans le diocèse de Cambrai...

  Angoulême n’est pas loin de Poitiers, où Charles Martel «a battu les Arabes». Curieusement, c’est son petit-fils Charlemagne, grand pourfendeur de Sarrazins, qui sera plus tard associé au culte de saint Saulve !

Saint Saulve et saint Martin

   La Passion de saint Saulve est le plus ancien texte mentionnant l’existence d’une communauté humaine sur le site du futur village de Saint-Saulve. Soulignons que le nom de «Brena» est absent de ce texte : il n’apparaîtra qu’au 14e siècle, sous la plume de Jacques de Guyse (cf. plus haut, Saint-Saulve à l’époque ‘gauloise’).

  On se demande même si, à l’époque de Saulve, il existait un village en ce lieu... La Passion dit en effet que la «basilique de saint Martin» se trouvait à la sortie du fisc de Valenciennes, «en un certain lieu»...qui n’est pas nommé ! Il est étonnant qu’un village n’ait pas de nom, en plein 8e siècle. La «basilique» dépend probablement d’une des villae mentionnées ci-dessus. Basilica est un «terme ambigu dont on ne peut rien déduire a priori quant à [son] statut et [son] importance.» (A.-M. Helvétius, p.180). Dans la mesure où elle semble n’appartenir à aucune localité, il peut s’agir d’une chapelle privée, à l’usage du maître des lieux et de sa famille, ou d’une chapelle funéraire, construite à l’écart des lieux habités, à la mode mérovingienne, autour de laquelle on installa le cimetière : la présence d’une relique de saint Martin, attestée par ailleurs, sanctifiait le lieu, le rendant propre à la sépulture des chrétiens ; or, les fouilles archéologiques nous ont permis de découvrir, sous des fondations appartenant à l’abbaye, une partie d’un cimetière du 8e siècle (cf ci-dessous, l’apport de l’archéologie).

  Il n’est pas indifférent que la basilique soit consacrée à saint Martin, «l’apôtre des Gaules», dont plus de cinq cents communes et des milliers de paroisses, rien qu’en France, portent le nom. Son culte a été favorisé par le pouvoir mérovingien, et son patronage est souvent l’indice d’une fondation de cette époque. Et, le sanctuaire contenant «l’os du genou de l’illustre évêque de Tours», il n’est pas étonnant que saint Saulve s’y arrête. Lors de la translation du corps de saint Saulve, la Providence désigne pour sa sépulture ce lieu où, «de son vivant, il avait l’habitude de se rendre assez souvent pour prier» - preuve que Saulve connaissait bien la région, et peut être qu’il y résidait depuis un certain temps.

  Dès qu’il a relaté l’inhumation de saint Saulve dans la basilique Saint-Martin, l’auteur de la Passion appelle celle-ci basilica sancti Salvii, «basilique de saint Saulve»- ce qui pose problème, puisque l’église paroissiale de Saint-Saulve a conservé jusqu’à nos jours, malgré plusieurs reconstructions, le vocable de Saint-Martin (l’église abbatiale étant connue sous celui de Saint-Pierre-Saint-Paul).

L’abbaye mérovingienne

  Selon la Passion, Saulve avait demandé l’hospitalité dans cette basilique, ou à proximité immédiate : il s’y trouve donc au moins une personne, chapelain ou gardien du sanctuaire. Il n’est toutefois pas prouvé que ce soit l’origine de la future abbaye.

  Ce monastère n’est pas mentionné expressément dans la Passion. Mais Génard, le père de l’instigateur du meurtre, lègue sa fortune à saint Saulve, et Winegaire, le serviteur, se met au service du saint : il ne peut s’agir que d’une institution religieuse placée sous le patronage du saint (selon les termes de la Passion, c’est saint Saulve lui-même que Charles dote du tiers des revenus du fisc de Valenciennes ; c’est à lui que Génard lègue toute sa fortune ; et c’est le troupeau de l’évêque saint Saulve que Winegaire va garder jusqu’à la fin de ses jours... cette insistance ressemble fort à une justification : ce n’est pas l’abbaye, mais le saint qui bénéficie de toutes ces largesses !) Et l’auteur de la Passion demande à ses «très chers frères» de prier pour lui et pour «tous les prêtres qui servent Dieu et passent leur vie au service du saint martyr» : il existe donc, à la fin du 8e siècle, une communauté religieuse, et il n’est pas absurde de penser que le «roi» Charles (autrement dit Charles Martel) a fondé le monastère de Saint-Saulve, ou tout au moins qu’il a contribué à sa fondation.

  La Passion insiste également sur les mérites de saint Martin de Tours, sur ses miracles, et sur la vénération que lui vouait saint Saulve : Madame Helvétius en déduit que le texte a été écrit par un moine de l’abbaye royale Saint-Martin de Tours, laquelle aurait reçu le sanctuaire de Saint-Saulve (dédié, justement, à saint Martin !), ainsi que des terres et leurs revenus, par donation de Charles Martel. La Passion justifierait donc, au moins en partie, cette possession par l’abbaye tourangelle, possession revendiquée plus tard dans un acte daté de 914 (cf. plus bas, une abbaye royale).

L’APPORT DE L’ARCHÉOLOGIE : À LA DÉCOUVERTE DU VILLAGE PRIMITIF

  Dès 1979, le «Club Archéo» de la Maison des Jeunes et de la Culture, sous la houlette de ses fondateurs, Jean Abraham et Michel Descamps, entreprenait des recherches sur le site de l’ancienne église Saint-Martin, démolie en 1866, et de l’abbaye, disparue après la Révolution. Les carottages effectués alors comprenaient des éléments de datation s’échelonnant, à partir du sol arable, du 19e au 9e s. ; en 1986, des sondages plus étendus ont révélé des sépultures et des fonds de cabanes du haut Moyen Âge (9e s.). En 1989, au vu de ces éléments, la Ville de Saint-Saulve a pris l’initiative d’entamer une campagne de fouilles au cœur historique de la commune, sous l’autorité de la Direction des Antiquités du Nord-Pas-de-Calais.

  En trois années de fouilles, nous avons «remonté» vestiges de l’ancienne église paroissiale, datés du 17e au 19e siècle (dernier agrandissement : 1838) et du cimetière qui l’entourait, sont apparues des fondations et des structures souterraines de l’abbaye, correspondant à des phases de construction échelonnées du 11e au 17e siècle, qui recoupaient des structures encore plus anciennes : «fonds de cabanes» des 9e et 10e siècles (traces du village primitif ou du monastère carolingien), et sépultures du 8e (parcelle d’une nécropole mérovingienne).

 Le cimetière mérovingien et l’église primitive

  Les vestiges les plus anciens ont été repérés dans la zone nord-ouest, la plus proche de l’Escaut. Ils consistent en sépultures, la plupart en pleine terre, quelques-unes tapissées de fragments de tegulae (tuiles romaines), d’autres entourées d’un appareil de pierres calcaires (l’une d’entre elles présentait même des traces d’enduit peint en rouge) ; des traces de cercueils ont été observées. Deux urnes funéraires en céramique noire et une fibule discoïde en bronze, argent et or, des perles en pâte de verre permettent de dater trois tombes du 8e siècle ; une autre fibule, en bronze, représentant un oiseau, a été datée du 6e siècle, mais elle se trouvait hors contexte.    Cette douzaine de tombes devait faire partie d’une nécropole dont la plus grande partie doit encore se trouver sous la propriété des Ursulines ; des constructions postérieures, notamment celles de l’abbaye, en ont recoupé une partie. La plupart des tombes avaient été pillées (peut-être dès les temps carolingiens), ce qui apparaît par le désordre des ossements, et peut expliquer leur pauvreté en matériel. Comme nous l’avons vu plus haut, les cimetières se trouvaient, à l’époque, en dehors des agglomérations, et celui-ci peut être rattaché à une villa voisine (voir ci-dessus, l’apport de la toponymie).

    La «basilique» Saint-Martin n’a pas été retrouvée. Soit que, construite en bois, elle n’ait laissé aucune trace, soit qu’elle se soit trouvée en dehors du champ de fouilles... soit encore que ses vestiges aient été totalement éradiqués : l’église paroissiale a fait l’objet de nombreuses transformations, démolitions et reconstructions, jusqu’à son dernier agrandissement, en 1838, de même que l’abbaye qui la jouxtait, où les derniers travaux furent effectués peu avant la Révolution ; en outre, le pillage organisé des bâtiments abbatiaux (qui servirent de carrière) et le creusement de fosses de récupération ont fait disparaître, en certains endroits, jusqu’aux dernières assises de fondation. Cependant, un sol soigneusement empierré et recouvert d’un mortier «à la romaine» parfaitement lissé, avec traces de poteaux, a été interprété comme vestige «d’un bâtiment de qualité, et pourquoi pas de l’église primitive ?» (E. Compagnon). Malheureusement, ce vestige exceptionnel se trouvait en limite de chantier, et se continue probablement sous la propriété des Ursulines.

 Un village carolingien ?

  En dehors de ce chantier de fouilles, il faut signaler la découverte en 1979, au lieu-dit le Chêne, à la limite d’Onnaing, d’un fond de «maison-fosse» à deux trous de poteaux, vestige d’un habitat isolé de l’époque carolingienne.

  À proximité de la nécropole mérovingienne, cinq «fonds de cabanes», excavations d’une longueur de 2,50 mètres à 3 mètres, de 2 mètres de large, et profondes de 0,30 mètre à 0,70 mètre, et présentant un trou de poteau au milieu des deux petits côtés, correspondent à des ateliers ou à des celliers ; des fosses-dépotoirs, des silos, des latrines, deux fossés, un puits maçonné complètent cet ensemble. Le matériel retrouvé sur place (tessons de céramique, fibules, perles, fragments de peigne en os, clés en fer, outils de tissage) témoigne de la vie quotidienne aux 9e et 10e siècles. Une monnaie du 8e siècle, un sceat de Frise, «peut témoigner de l’importance du rôle joué par l’agglomération de Saint-Saulve dès cette époque, de par sa situation intermédiaire entre Cambrai et Tournai» (E. Compagnon).

  Sommes-nous en présence d’une partie du village ? On sait en effet que, au début des temps carolingiens, les vivants se sont rapprochés des morts, et ont commencé à construire leurs habitations autour des églises, que jouxtaient les cimetières. Ce schéma, fort bien décrit par Philippe Ariès, s’appliquerait donc parfaitement à Saint-Saulve. Mais ces structures peuvent aussi correspondre à des constructions monastiques.

 UNE ABBAYE ROYALE

  Pour les historiens des siècles passés, le «roi Charles» n’était autre que Charlemagne ; ils plaçaient donc son intervention en 801, après son couronnement, et la mort de saint Saulve trois ans plus tôt, soit en 798. Mais Saulve est déjà mentionné comme saint et martyr avant la fin du 8e siècle (cf. M. Coens, p. 135). D’où l’on peut conclure que le roi Charles dont parle la Passion de saint Saulve n’est pas Charlemagne, mais son aïeul Charles Martel, et que l’abbaye est de fondation mérovingienne. Mais il est possible que «l’élévation» de saint Saulve - sa canonisation, en quelque sorte - ait eu lieu plus tard, en présence de l’empereur (la tradition transmise par Dom Ghisbert donne la date du 15 octobre 801).

  Pour le chanoine Platelle, la communauté «créée pour desservir le sanctuaire qui possédait les reliques de saint Saulve» était «une communauté de clercs séculiers, soumis à une règle du genre de celle de saint Chrodegang († 766), en somme des chanoines.» Une inscription qu’on voyait au 17e siècle dans l’église abbatiale précisait que ces chanoines étaient au nombre de six, sous l’autorité d’un prévôt.

  Dans son Histoire de la translation des saints Pierre et Marcellin, Éginhard, l’historien de Charlemagne, nous apprend que cette communauté était dirigée vers 830 par un «recteur» du nom de Georges ; ce prêtre vénitien avait obtenu le monasterium sancti Salvii, «le monastère de saint Saulve» per beneficium regis, «par le bienfait du roi» (l’empereur Louis le Pieux : rappelons que Saint-Saulve est en terre impériale, dont la frontière est l’Escaut), probablement pour avoir installé un orgue hydraulique à Aix-la-Chapelle en 826. Le monastère est donc un fief impérial concédé au recteur, «ce qui implique non seulement la nomination par Louis le Pieux, mais aussi le lien vassalique et le serment de fidélité», dit H. Platelle, qui ajoute que le recteur Georges «devait résider plus souvent à la cour que dans son abbaye.»

  Éginhard procura au recteur des reliques des saints Pierre et Marcellin en provenance d’Aix-la-Chapelle. C’est lui aussi qui nous apprend que le monastère se trouvait alors in pago Fanomartense, in vico Valentianas,«dans le comté de Famars, dans la localité de Valenciennes» : malgré son palais royal, qui existait déjà au 7e siècle, et son port de commerce déjà important, Valenciennes dépendait toujours, administrativement, du chef-lieu militaire qui avait remplacé Bavay au 3e siècle.

  En 866, c’est le recteur de Saint-Saulve, nommé Hugues, qui envoie une partie des reliques de Saint-Saulve à l’abbaye de Saint-Riquier (Somme). En 870, le Traité de Meersen attribue l’abbaye, qui se trouvait jusqu’alors en territoire impérial, à Charles II, dit le Chauve, roi de Francie occidentale : Saint-Saulve est donc une abbaye royale... pour dix ans. Vers 880, les Normands dévastent les environs, y compris l’abbaye de Saint-Saulve.

  Un acte de 914 émanant du comte Robert, abbé de Saint-Martin de Tours (le futur roi de France Robert Ier) indique que le domaine dévasté par les Normands, comprenant entre autres Sainte-Pharaïlde et Saint-Saulve, est toujours à l’abandon. Mais, pour Madame Helvétius, ce document serait un faux, par lequel l’abbaye tourangelle tenterait de récupérer ces biens, qu’elle aurait possédés à l’époque mérovingienne. Selon Henri d’Outreman, Bruno, archevêque de Cologne, duc de Lotharingie, et propre frère de l’empereur Otton le Grand, visitant les monastères, aurait trouvé les chanoines de Saint-Saulve «destracqués du droict sentier, et addonnés à la desbauche» ; il aurait alors décidé de les remplacer par les moines bénédictins de Saint-Géry de Valenciennes. Cette visite de Bruno, déjà mentionnée par Jacques de Guyse, est contestée par les historiens modernes. Toujours est-il que si décision il y eut, elle semble avoir été sans effet immédiat, puisque les Gesta pontificum Cameracensium, chronique des évêques de Cambrai composée au début du 11e siècle, appellent encore Saint-Saulve une communauté de chanoines, et un acte de 1071 le cite parmi les chapitres de chanoines du comté de Hainaut.

  C’est tout ce que les documents historiques nous apprennent de l’abbaye carolingienne. L’archéologie nous a révélé des fonds de cabanes des 9e et 10e siècles, mais rien ne nous autorise à rattacher ces éléments à l’abbaye plutôt qu’au village alors en formation. En revanche, les fondations d’un vaste bâtiment enterré ont été interprétées comme faisant partie de l’abbaye du 11e siècle. A l’intérieur de ce bâtiment se trouvaient des sépultures, ce qui évoque soit une crypte, soit une salle capitulaire, lieux dans lesquels on inhumait ; dans cette même salle, et dans l’angle de ce qui a été interprété comme une base d’autel, un édicule fait de deux pierres et d’une tuile plate formant couvercle nous a fait penser à un reliquaire. Une partie seulement de ce bâtiment a pu être fouillée, la plus grande partie des structures monastiques se trouvant sous la propriété des Ursulines, qui comprend la majeure partie de «l’enclos de l’abbaye». Et il est probable qu’une partie du village primitif - voire de son église - se trouve actuellement sous la voie publique (place du Huit-Mai, place Louis-Maillard).

 


BIBLIOGRAPHIE

  • ARIES, Philippe, L’homme devant la mort, Paris, 1984.
  • CHAPRON, Pierre, Le prieuré de Saint-Saulve au Moyen Age, Université de Lille III, 1989.
  • COENS, Maurice, «La Passion de saint Sauve, martyr à Valenciennes» dans Analecta Bollandiana, t. LXXXVII, 1971.
  • COMPAGNON, Eric, Compte-rendu des fouilles archéologiques, Saint-Saulve, 1992.
  • DAUZAT, Albert, Dictionnaire des noms de lieux, Paris, 1963.
  • DESCAMPS, Michel, Recherche archéologique sur l’église Saint-Martin à Saint-Saulve, Saint-Saulve, 1987.
  • FAIDER-FETMANS, G., La Belgique à l’époque mérovingienne, Bruxelles, 1964.
  • GHISBERT, Dom Thiéry, Catalogue et actions des prieurs de Saint-Saulve (1602), manuscrit 528 de la Bibliothèque Municipale de Valenciennes.
  • GUYSE, Jacques de -, Histoire du Hainaut, traduite en français avec le texte latin, par le Marquis de Fortia d’Urban, Bruxelles-Paris, 1826 et suiv., t. IX.
  • HELVÉTIUS, Anne-Marie, Abbayes, évêques et laïques. Une politique du pouvoir en Hainaut au Moyen Age, Bruxelles, 1994.
  • LEBEL, Jean, A la découverte du Valenciennois, Valenciennes, 1985.
  • MALIET, Vincent, Saint-Saulve. Rapport de Fouilles, Valenciennes-Saint-Saulve, 1990.
  • OUTREMAN, Henri d’-, Histoire de la Ville et Comté de Valentiennes, Douai, 1639.
  • PIRENNE, Henri, Mahomet et Charlemagne, Bruxelles, 1937.
  • PLATELLE, Henri, «Survol de l’histoire de Saint-Saulve», dans Mémoires du Cercle Archéologique et Historique de Valenciennes, t. VII, 1971

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Brocantes 2017

Bientôt le retour des beaux jours...
Toutes les dates et les informations pratiques sur les brocantes et vide-greniers organisés à Saint-Saulve ici.

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Au menu

Mercredi 26 juillet

Salade exotique

Boeuf, carottes,
pommes de terre

Hollande

Yaourt

Goûter

Jeudi 27 juillet

Salade de
tomates

Salade perles
de blé, surimi,
concombre, aneth,
crème fraîche

Mimolette

Crème dessert

Goûter

Vendredi 28 juillet

Céleri rémoulade

Thon à la
provençale
Duo de poivrons,
boulgour

Roulé aux herbes

Yaourt

Goûter

Lundi 31 juillet

Taboulé

Sauté de porc
Haricots verts

Camembert

Fruit

Goûter

Mardi 1er août

Lentilles en
salade

Sauté de veau
Jardinière de
légumes

Vache qui rit

Fruit

Goûter

Mercredi 2 août

Salade de tomates

Sauté de dinde
Pommes de terre,
carottes Vichy

Comté

Yaourt

Goûter

Jeudi 3 août

Concombre
en salade

Salade de pâtes,
aiguillettes de poulet,
tomates, poivron, maïs

Bonbel

Fruit

Goûter

Vendredi 4 août

Céleri-rave à
la vinaigrette

Omelette
Ratatouille

Chanteneige

Pâtisserie

Goûter

Lundi 7 août

Carottes râpées
au citron

Poisson pané
Riz, champignons

Leerdammer

Glace

Goûter

Mardi 8 août

Céleri rémoulade

Saucisse de
Toulouse
Lentilles cuisinées

Kiri

Fruit

Goûter

Mercredi 9 août

Salade fromagère

Goulash à
la hongroise
Coquillettes

Yaourt

Goûter

Jeudi 10 août

Tomates
en salade

Sauté de dinde
à la provençale
Haricots au
beurre persillé,
pommes de
terre vapeur

Mini Brin

Fruit

Goûter

Vendredi 11 août

Cabillaud
Salade de pommes
de terre et chou-fleur

Fromage

Fruit

Goûter

à la M.J.C