Mairie de Saint-Saulve

146 rue Jean Jaurès
59880 Saint-Saulve
Tél : 03 27 14 84 00
Fax : 03 27 14 84 49
e-mail :
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Superficie :  1 204 ha
11 354 habitants
APE : 751 A
SIRET : 215 905 449 000 17
Code INSEE : 544
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Marché hebdomadaire :
MARDI MATIN
Av. Charles de Gaulle

Sur les afficheurs...

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Concert de
l'Harmonie
Municipale

Samedi 1/04
à 20h

Église de
Vieux-Condé

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Loto

Dimanche 2/04
à partir de 15h

Salle des Fêtes

Org.
"Les Copains d'abord"

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Conseil Municipal

Vendredi 7/04
à 19h

en Mairie

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Loto

Dimanche 16/04
à partir de 15h

Salle des Fêtes

Org.
Club des Supporters
"Foot Loisir"

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Kiosque & divers

Calendrier des Fêtes 2017

LES GUERRES

SAINT-SAULVE PENDANT LA GUERRE DE 14-18

  À la veille de la Première Guerre mondiale, Saint-Saulve est une petite ville de 3654 habitants (d’après le recensement de 1911). Elle est dirigée par un Conseil municipal de vingt-trois membres, sous la présidence de Victor Hornez, agriculteur, né en 1853, et maire depuis 1906.

  Depuis le 19e siècle, le village connaît un essor démographique lent, mais régulier. Les Archives communales en témoignent : au début de 1914, il est décidé de souscrire un emprunt de 3 140 francs pour la construction d’une cinquième classe à l’école des garçons. La mobilisation est décrétée le 2 août 1914 : les jeunes hommes de la commune en âge de combattre partent pour le front. La population civile, elle aussi, connaît très vite les méfaits de la guerre : les troupes allemandes pénètrent en France par Quiévrain, et s’emparent du Valenciennois le 25 août. Désormais, le village de Saint-Saulve est occupé, et va vivre pendant plus de quatre ans sous l’autorité allemande.

  La Kommandantur se trouve à Valenciennes. C’est elle qui dirige la région, et fait savoir ses volontés aux autorités municipales, dont le rôle devient dès lors très important : dès le début de 1915, les communes de l’Arrondissement de Valenciennes sont contraintes d’émettre des bons de 1 franc, 5, 10 et 20 francs. Cette émission monétaire est financée par un emprunt de 1 700 000 francs, la part de Saint-Saulve s’élevant à 90 000 francs, soit une fois et demie son budget de l’année précédente.

  Les communes, ne pouvant plus établir un budget normal, doivent présenter chaque mois à la Sous-Préfecture de Valenciennes un état des prévisions de dépenses pour le mois suivant. Le compte-rendu de la réunion du Conseil municipal du 15 décembre 1914 fait état d’une dépense de 25 000 francs, somme considérable, comparée au budget total de l’année précédente : 65 000 francs. En effet, ce sont désormais les communes qui paient les fonctionnaires ; de plus, les mairies doivent subvenir aux besoins des familles démunies. Il faut aussi inscrire au budget communal les frais de guerre : les Allemands ont réquisitionné de nombreux bâtiments pour loger leurs troupes, et exigent qu’on y fasse des travaux d’amélioration : chauffage et éclairage en novembre 1915, recrutement d’une femme de ménage pour les dames de la Croix-Rouge allemande en octobre 1916.

  Les dépenses mensuelles s’élèvent en moyenne de 50 000 à 75 000 francs. Mais des contributions exceptionnelles viennent souvent s’y ajouter : de mars à septembre 1916, ce sont 280 000 francs qui sont réclamés par l’occupant. Le 25 novembre 1917, le Conseil municipal enregistre une demande de 710 000 francs exigée par la Kommandantur.

  Parmi les bâtiments réquisitionnés figure le Séminaire (actuellement Institution Notre-Dame) : pendant les premiers mois de guerre, il a servi de caserne ; au printemps 1915, il devint centre d’hébergement pour des évacués des régions occupées, en transit pour gagner «la France libre» par la Suisse. En octobre 1916, le Séminaire devient «lazaret» (hôpital militaire) pour les blessés allemands, ce qui coûte à la commune de nouvelles dépenses, pour l’aménagement des locaux. En 1917, c’est l’Hospice des Petites Sœurs des Pauvres qui est transformé en lazaret, où l’on pratique en particulier les amputations des blessés. Ce qui nécessite le transfert à l’Hospice Général de Valenciennes des vieillards jusqu’alors soignés à Saint-Saulve. C’est parmi les chômeurs, sans doute nombreux, que l’on recrute les ouvriers nécessaires aux travaux exigés par les occupants : la municipalité doit payer 3 à 4 francs par jour, suivant leur qualification, pour les travaux effectués au séminaire en 1916.

  Les édiles supportent alors le poids de lourdes responsabilités. Il leur incombe, notamment, le ravitaillement de la population. Le magasin communal vend les produits de première nécessité, envoyés d’Amérique par la «Commission for Relief in Belgium», ainsi que par les Pays-Bas. Le Conseil municipal constate que l’état de fraîcheur de certaines marchandises laisse à désirer... En raison des nombreuses charges qu’ils assument, le Maire et le Premier Adjoint reçoivent, à partir de septembre 1916, une indemnité mensuelle de 150 francs pour le premier, de 100 francs pour le second. Depuis le début de la guerre, en raison de la mobilisation de beaucoup d’entre eux, les conseillers municipaux sont peu nombreux : en juillet 1916, ils doivent procéder à la désignation de six personnes pour compléter leur assemblée.

  Au début de novembre 1916, le Maire, Victor Hornez, est arrêté pour avoir protesté contre les réquisitions de personnes et les durs traitements infligés aux ouvriers requis. Il restera en prison durant toute la guerre. Jean Wilhelm, l’un des six nouveaux membres du conseil, le remplace.

  Entre 1916 et la fin de la guerre, Saint-Saulve voit arriver de nombreuses personnes qu’il faudra secourir, venant surtout du Cambrésis, où les villages sont complètement détruits. Ces réfugiés sont répartis dans la région, et la commune inscrit chaque mois dans ses dépenses une somme pour les «évacués». Au début de 1917, des prisonniers russes arrivent dans la région pour travailler au démontage des usines, dont le matériel doit être envoyé en Allemagne. Ces prisonniers sont très mal nourris et dans un état sanitaire lamentable. La mortalité est donc très grande. En juin 1917 arrivent 150 prisonniers anglais : le Comité de Ravitaillement de Valenciennes obtient de leur venir en aide avec un peu de nourriture.

  Depuis le début de la guerre, la vie scolaire est souvent perturbée par la réquisition des bâtiments et par l’envoi fréquent des enfants aux travaux de voirie ou de cueillette des orties, sous la conduite de leur instituteur. Certains enfants semblent en avoir profité pour ne plus aller régulièrement en classe : en 1918, le Conseil municipal a dû rappeler la loi d’obligation scolaire, et menacer de supprimer l’allocation aux parents chômeurs dont les enfants manquaient la classe.

  Les Allemands réquisitionnent les objets de bronze, les matelas de laine... En 1917, la statue de la Duchesnois est enlevée pour être fondue ; la cloche de l’église, ne pouvant être descendue, est cassée sur place. En janvier 1918, la commune doit payer une amende de 2238,50 francs parce que deux matelas non déclarés ont été découverts dans le magasin de ravitaillement.

  Après le 4 août 1918, il n’y a plus mention de réunion du Conseil municipal avant l’Armistice. Sans doute la vie est-elle très perturbée par le repli des troupes allemandes.

  C’est à la fin d’octobre qu’ont lieu dans le Valenciennois les combats de libération. Le curé de Saint-Saulve, l’Abbé Maës, est mortellement blessé, le 24 octobre, par un obus anglais, en sortant du cimetière où il venait de conduire le corps d’un évacué cambrésien.

  Le 2 novembre, les Canadiens entrent dans Valenciennes. Ils s’emparent des villes et villages des environs, dont Saint-Saulve, très dépeuplé, car les Allemands, dans leur repli, ont obligé une grande partie de la population à émigrer en Belgique.

  Le 24 novembre 1918, Victor Hornez préside la première réunion du Conseil municipal après l’Armistice. Le ravitaillement pose de nombreux problèmes à une population très démunie ; le Conseil municipal décide alors de fournir à très bas prix, et même gratuitement, des denrées de première nécessité aux familles rentrées dans leurs foyers, ou présentes dans la commune.

  Désormais, la tâche du Conseil municipal sera de présider aux reconstructions nécessaires, et de veiller au retour rapide à la vie normale de la cité.

Annexe : état-civil de Saint-Saulve (1912-1920)

Années

Naissances

Mariages

Décès

Morts-nés

1912

73

33

51

3

1913

97

27

54

4

1914

69

14

45

6

1915

32

0

42

3

1916

13

0

55

1

1917

19

2

45

1

1918

19

10

95

3

1919

38

45

54

9

1920

83

70

59

8

 

  De 1914 à 1918, le nombre des naissances et celui des mariages connaissent une diminution considérable par rapport aux années «normales» de 1912 et 1913. En 1919 et 1920, mariages et naissances atteignent des chiffres importants, à cause du retour dans leurs foyers des soldats mobilisés durant les quatre ans de guerre.

  Si le nombre des décès reste voisin de 50 entre 1912 et 1917, il est difficile d’en tirer des conclusions, car nous n’avons pas trouvé de document donnant le nombre des habitants de Saint-Saulve pendant cette période.

  En 1918, l’augmentation considérable du nombre des décès s’explique sans doute par plusieurs faits :

  • les conséquences de plus en plus marquées de la sous-alimentation, rendant les organismes plus fragiles, en particulier lors de la grippe espagnole qui a sévi cette année-là ;
  • les combats qui ont fait des victimes civiles lors de l’avance des Alliés dans la région. Pour Saint-Saulve, en effet, le bilan direct de la guerre est marqué par 10 victimes civiles qui s’ajoutent aux 103 tués au combat.

  En 1919 et 1920, le nombre des enfants mort-nés est particulièrement élevé. Peut-être peut-on encore l’expliquer par le mauvais état de santé des futures mères, qui n’étaient pas remises des méfaits de la malnutrition subie pendant la guerre.

SOURCES

Documents d’archives :

  • Registres d’état-civil de Saint-Saulve (Archives communales).
  • Registres des Délibérations du Conseil municipal (id.).

Ouvrages imprimés :

  • Histoire des Pays-Bas français, sous la direction de Louis TRÉNARD, Toulouse, Privat, 1972.
  •  Histoire de Valenciennes, sous la direction de Henri PLATELLE, Lille, Presses Universitaires,   1982.
  •  René DELAME, Valenciennes. Occupation allemande 1914-1918, Valenciennes, Imprimerie Hollande, 1933.

PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

ÉPHÉMÉRIDES LOCALES

24 août 1914. Les Allemands sont à l’entrée de Saint-Saulve.

25 août. La Kommandantur s’installe à Valenciennes. Le premier commandant, le lieutenant Kintzel, se distingua par la condamnation à mort de l’abbé Delbecque et une amende de 1 500 000 F. pour un pamphlet, Le testament du Kaiser, dont un paquet avait été saisi avant la guerre et gardé au poste de police.

21 septembre. Le deuxième commandant, le major von Mehring, fit brûler Orchies où l’armée régulière avait osé résister. Entre autres, il fit fusiller Messieurs Cazar et Legel, de Lourches, au cimetière Saint-Jean.

12 octobre. Von Mehring est remplacé par le colonel Priess, dont la principale préoccupation est de restreindre la circulation : interdiction de quitter la commune (même si la limite est le milieu d’une rue), couvre-feu (dont les horaires varient en fonction des saisons), laissez-passer, cartes d’identité à refaire périodiquement aux frais des titulaires (rouges pour les femmes, bleues pour les hommes), etc. Les occupants vivent aux dépens des communes et de leurs habitants : obligation de loger les militaires, expulsions, réquisition de logements, de numéraire, de meubles, matelas, tissus, laine, d’objets de toutes sortes, de victuailles, de vins... L’occupant se réserve les 4/5 des récoltes. Pour son ravitaillement, la population dépend en grande partie de l’aide hispano-américaine.

13 novembre 1914. Un dirigeable français abat au-dessus de Saint-Saulve un avion allemand qui le poursuivait, et qui va s’abattre à Quarouble.

20 avril 1915. Le premier bateau de blé américain, en provenance de Hollande, arrive à Valenciennes.

19 juin 1915. En représailles au bombardement des consulats de Haïfa et d’Alexandrette par des navires français, le commandant Priess inflige une amende de 15 000 F. aux villes de Valenciennes et Roubaix.

7 juillet 1915. La «dette» de Valenciennes envers l’occupant en amendes, contributions et frais d’entretien de la VIe Armée s’élève déjà à 30 831 493 francs.

11 janvier 1916. À 3h30 du matin, on entend d’ici, à 54 kilomètres de distance, l’explosion provoquée par les Anglais du dépôt de munitions allemand de Saint-Sauveur, près de Lille.

2 février 1916. Trente jeunes gens, valides ou malades, qui n’avaient pas répondu à une convocation de la Kommandantur, sont menés en prison.

3 mars 1916. Devant la propriété de Charles Dubois, à Saint-Saulve, une femme qui avait donné un morceau de pain à un prisonnier russe est rouée de coups, devant les passants impuissants.

15 mars 1916. Le total des dépenses de guerre de Valenciennes atteint 100 millions de francs, dont 44 millions versés à l’occupant.

C’est un jour de cette année 1916 qu’une habitante de Saint-Saulve, occupée à cacher du vin dans son jardin, fut aperçue par un aviateur allemand ; celui-ci posa son appareil et emporta tout ce qu’il put, laissant le reste aux gendarmes.

5 octobre 1916. Le séminaire de Saint-Saulve est expulsé.

27 octobre 1916. Lettre du maire de Valenciennes, Tauchon (qui sera déporté) à Monsieur le Conseiller de Justice près le Conseil de Guerre :

  Dans la journée d’hier, 26.10.1916, Mr. le Maire de Saint-Saulve est venu à 12 h. me prévenir qu’un certain nombre de jeunes gens détenus dans une maison de sa commune étaient privés de nourriture depuis la veille, 10 h. du matin.

  Aujourd’hui, nous apprenons de source certaine :

  Témoins : Mr. le fermier de la ferme de la Rougeville, Mr. Burelle, et Mr. Billiet, adjoint au maire de Valenciennes, qui ont constaté de visu :

  Que cinq à six jeunes gens étaient attachés avec du fil de fer, les pieds dans l’humidité, par les mains et les jambes à des poteaux et abandonnés ainsi par cette température froide et pluvieuse. L’un d’eux a même eu une syncope et a dû être soigné dans une maison voisine. J’ai l’honneur de vous signaler ces faits que l’autorité allemande supérieure ignore assurément.»

29 octobre 1916. Les Petites Sœurs des Pauvres sont expulsées par l’occupant avec 216 vieillards, leurs pensionnaires, et doivent abandonner meubles et literie.

23 novembre 1916. L’occupant réquisitionne les écoles de Saint-Saulve, pour y loger les prisonniers russes qui travaillent au quai d’embarquement de Saint-Saulve, à la nouvelle voie de raccordement Quiévrain-Maubeuge (pour éviter Valenciennes), et à la destruction des usines.

  Ces prisonniers affamés, en haillons, la plupart pieds nus dans leurs sabots, ramassaient en bordure des champs, pour se nourrir, les pommes de terre pourries et les tiges de choux. Voyant un jour M. Grosjean, le mari de l’institutrice, couper une betterave pour ses lapins, ils la lui demandèrent pour la manger crue. Six d’entre eux, privés de soins, moururent dans l’école, et deux corps restèrent dans le couloir toute la journée du 28 janvier ; quand la Croix Rouge arriva pour les enterrer, il fut impossible de retrouver les cadavres.

6 février 1917. Suite à la rupture des relations entre l’Allemagne et les États-Unis, le ravitaillement est réduit du tiers.

26 juin 1917. Cent cinquante prisonniers anglais, mourant littéralement de faim, arrivent à Saint-Saulve. Ils sont logés dans les écoles, les maisons voisines ayant été évacuées pour empêcher toute communication. Pour avoir essayé de leur passer un paquet de cigarettes, une femme sera emprisonnée pour 28 jours. Ces prisonniers sont astreints au travail, parfois sur le front.

5 juillet 1917. René Delame, de Valenciennes, obtient enfin du lieutenant Kollmann, chargé du Service des Prisonniers, que l’infirmière, Mme Besnard, qui est Anglaise, puisse porter du linge à ces prisonniers. Puis, ayant refusé de démonter le cuivre des machines aux établissements Malissart, à la Bleuse Borne, ces prisonniers sont consignés dans leur casernement de Saint-Saulve, avec 48 heures de jeûne. À cette nouvelle, les habitants leur font parvenir, avec beaucoup de difficulté, deux grands sacs de nourriture.

8 juillet 1917. Un des plus jeunes prisonniers anglais fait le mur pour se procurer des carottes dans un champ qui borde l’école. Surpris par trois sentinelles, il se réfugie sous une charrue et supplie à genoux ; mais l’un des allemands lui tire une balle dans la poitrine, à bout portant.

21 juillet 1917. La mairie de Valenciennes participe officiellement au ravitaillement des prisonniers anglais, en accord avec M. Wilhelm, maire de Saint-Saulve.

16 mars 1918. Avant leur départ, les officiers allemands pillent la maison de Charles Dubois qu’ils avaient réquisitionnée.

1er juin 1918. À 9 h 30 une formidable explosion est entendue, et des vitres sont cassées jusqu’à Valenciennes. Un avion a largué une bombe sur la fabrique de munitions installée dans les établissements Ruelle, à Blanc-Misseron. Les habitants de Blanc-Misseron, Quiévrechain, Crespin et Onnaing sont évacués, des obus de tous calibres étant projetés dans toutes les directions. Les explosions se succèdent jusqu’au 3 juin. Une centaine de personnes, dont au moins 60 Français, sont tuées, il y a de nombreux blessés, et 500 maisons sont en ruine.

7 juin 1918. A 11 h, un avion bombarde un train de munitions Chemin des Alliés. Il s’agit d’obus à gaz, et le vent souffle en direction de Saint-Saulve.

27 juin 1918. Un avion anglais bombarde le quartier Saint-Michel ; l’avion est abattu et tombe à Saint-Saulve où les deux aviateurs sont faits prisonniers.

6 juillet 1918. Une commission de ravitaillement de Valenciennes visite les maraîchers de Saint-Saulve, en vue de leur acheter des légumes pour l’arrondissement. Elle constate que les Allemands en réquisitionnent la plus grande partie, et en font même commerce, comme le chef de culture Wilhem, qui menace même le maraîcher Leconte de prendre toutes ses carottes sans bon de réquisition, s’il en vend une seule aux civils.

10 octobre 1918. Ordre est donné d’évacuer Valenciennes et ses environs avant le 13. Nombre de villageois n’ont qu’une heure ou deux pour exécuter l’ordre.

20 octobre 1918. Les services administratifs et le plus gros de l’armée allemande commencent   à évacuer. Le commandant Priess exige que tous les hommes de 15 à 60 ans le suivent en Belgique, mais la plupart des hommes s’étaient enfuis, sauf quelques vieillards. Les Canadiens sont à Denain ; ils seront le lendemain à La Sentinelle.

23 octobre 1918. En sortant du cimetière, l’abbé Maës, curé de Saint-Saulve, est touché à mort, et un enfant de chœur grièvement blessé par un obus anglais qui visait les batteries allemandes installées à Saint-Roch.

30 octobre 1918. Le maire de Saint-Saulve, Wilhelm, demande de l’aide à Valenciennes : il n’y a plus ni médecin, ni pharmacien, pour 2500 résidents, dont 400 malades. On apprend que l’Autriche a demandé la paix. A onze heures, les Anglais sont à Valenciennes, boulevard Saly et rue de Famars, les Canadiens au Faubourg de Paris.

2 novembre 1918. Valenciennes et Saint-Saulve sont officiellement libérés.

LE MONUMENT AUX MORTS

  Le monument primitif, constitué du socle et de la stèle pyramidale du monument actuel, œuvre du marbrier valenciennois Baudson, portait sur la face principale l’inscription : La Commune de Saint-Saulve à ses enfants morts pour la Patrie, et en dessous : Place Pierre, sergent-fourrier au 2e tirailleurs algériens, Madagascar, 1896. Sur une face latérale on lisait les noms des cinq victimes de la guerre de 1870 : Lambourg Iréné, Demonchy Joseph, Cheminé André, Routard Louis, Dufourmentel Louis ; plus tard fut ajouté le nom de Lafranche, inconnu par ailleurs.1 Le monument fut inauguré le 28 novembre 1897 sur la place Duchesnois (aujourd’hui place Gambetta), à l’emplacement d’un ancien abreuvoir supprimé à cet effet.

  Son érection avait été décidée par le Conseil municipal le 8 novembre 1896, à la demande de la famille Place. Julien Place, directeur de la pilouterie voisine (dans la rue Duchesnois), fut maire de Saint-Saulve de 1893 à 1908. Le monument fut érigé face à son habitation, à l’angle des rues Henri Barbusse et Duchesnois.

  Le 7 février 1920, le Conseil municipal arrêta la liste des victimes de la ‘Grande Guerre’ à inscrire sur le monument. Le 24 avril 1922 fut décidée l’inauguration du monument, transféré sur l’esplanade de l’église (place Ferrer), et enrichi d’une allégorie féminine du sculpteur valenciennois Elie Raset. (2) On y lit les noms des 105 militaires et des 28 civils tués en 1914-1918. L’inauguration se fit en grande pompe le 8 novembre 1925. Le 11 novembre eut lieu sa bénédiction solennelle.(3)

  Signalons qu’un monument à la mémoire des ‘paroissiens de St-Saulve morts pour la Patrie’ avait été béni le 14 juillet 1921 dans l’église : situé en bas de la nef latérale gauche, derrière la statue de l’Ecce Homo, il se compose de deux plaques de marbre enchâssées dans une boiserie de chêne sculptée aux armes de Saint-Saulve, où 88 noms sont gravés en lettres d’or.

Sources : Délibérations du Conseil municipal des 8 novembre 1896, 7 février 1920, 23 juin 1921, 24 avril 1922. - Le Petit Valeniennois des 14-15 novembre 1925. - L’Impartial du Nord du mardi 30 novembre 1897. - Le Petit Valenciennois, 14-15 novembre 1925.

(1) - Il s’agit probablement d’une erreur de transcription. Voir à ce sujet l’éditorial de Christian Séverin, ‘le mystère Lafranche’, dans le Chou Rouge n°5 (janvier 2001).

(2) - Une femme drapée, debout (la Commune, la Patrie ?), dépose une couronne de laurier sur la tombe d’un soldat, figurée par un casque au pied d’une croix entourée de rameaux de chêne. Elie Raset, né et mort à Valenciennes (1874-1956), est l’auteur du Monument aux Morts de cette ville, ainsi que de trois statues qui ornent sa cité natale : la Sculpture (façade du Musée des Beaux-Arts), la Porteuse de Cruche (rue du Quesnoy) et le Joueur de Billes (Parc de la Rhônelle).

(3) - Une carte postale porte comme légende : «Souvenir de la Bénédiction du monument aux Morts de la Grande guerre - Saint-Saulve, 11 Novembre 1924» (au lieu de 1925. Il s’agit probablement d’une erreur d’impression).

GUERRE 1939-1945

  Sans revenir sur la situation internationale et les circonstances qui ont déclenché la «dernière» guerre, ni même sur les évènements qui se sont déroulés à cette époque en France et dans le monde - ce qui n’est pas du ressort de l’historien local, et qu’on pourra trouver dans tout bon manuel d’Histoire générale - nous nous attacherons plus particulièrement dans ce chapitre aux faits qui concernent directement Saint-Saulve et ses habitants.

  C’est pourquoi nous avons privilégié les témoignages d’anciens Saint-Saulviens, tout en nous inspirant des ouvrages cités dans la bibliographie.

  On remarquera que, de 1940 à 1944, il y a comme un «trou de mémoire» : censure officielle, ou autocensure des témoins de cette époque ? Il faut dire que, entre évacuation et libération, et entre deux alertes, la vie locale a été perturbée surtout par le manque de nourriture, de transports, de communications en général. Mais, la «débrouille» aidant, la plupart des habitants semblent avoir assez bien supporté l’occupation. Si Résistance il y eut, elle a été le fait de quelques personnes, dont les noms restent dans les mémoires, la plupart des habitants se contentant d’une sorte de «résistance passive», exprimée par la «désobéissance civile» et la dérision, comme les couplets chantés au nez et à la barbe des troupes d’occupation.

  «À la fin de l’année 1937, il courait d’étranges rumeurs, et le mot guerre était sur toutes les lèvres», écrit Monsieur Bernier. On commence alors à construire des blockhaus, à creuser des tranchées antichars, et l’armée française réquisitionne granges, écuries, hangars... tout ce qui peut servir à emmagasiner les équipements militaires destinés à certaines classes de réservistes qui, rappelés, sont cantonnés dans la région.

  Cependant, l’année 1938 ressemble aux précédentes, les habitants ne semblant pas prendre très au sérieux les menaces de guerre, alors même que continuent les réquisitions de bâtiments et qu’affluent vers la frontière les renforts militaires : dès le mois de décembre 1938, des troupes françaises logent chez l’habitant, par exemple des soldats du 603e Pionniers au «château» Carlier, route de Mons. Après la rencontre de Daladier et Chamberlain avec Hitler, et les promesses de celui-ci, on croit encore à la paix....

  En 1939, il fallut bien se rendre à l’évidence : le réarmement de l’Allemagne, la propagande nazie et les discours d’Hitler ne laissent plus place au doute.

  Le 17 avril 1939, l’Association Française des Amis de l’Union Soviétique organise à la Salle des Fêtes de Saint-Saulve un meeting sur le thème : «Si Hitler nous agressait, quelle aide l’U.R.S.S. et l’Armée Rouge pourraient-elles nous apporter ?», suivi du film «Les Ailes de la Paix», documentaire sur l’Aviation civile et militaire soviétique...

  Mais le pacte germano-soviétique, signé le 23 août, met fin aux illusions. Le 24 sont placardées les fameuses affiches à bordure tricolore appelant à la mobilisation des réservistes.

  La guerre est déclarée le 2 septembre 1939.

  C’est le vendredi 10 mai 1940 que, dès les premières heures du jour, l’armée allemande viole les frontières des Pays-Bas et de la Belgique, pays neutres. C’est le début de l’offensive allemande vers la France. Dans la journée, des troupes françaises traversent Saint-Saulve, en direction de la Belgique. Alors commencent des bombardements meurtriers, qui touchent plusieurs maisons de Valenciennes, en particulier place Poterne et avenue de Liège. Cette avenue est barrée par la police, la circulation est interrompue, et les tramways venant de Quiévrain sont arrêtés à l’église Saint-Michel. Les troupes françaises cantonnées à Saint-Saulve et environs s’ébranlent en direction de la Belgique, croisant les premiers réfugiés belges.

  Le lendemain arrive une escadrille anglaise, ce qui rassure un peu la population. Mais un obus tombe sur la petite route, et un autre traverse un vitrail, sur la droite du chœur de l’église de Saint-Saulve, sans éclater... Le dimanche 12, jour de la Pentecôte, les paroissiens constatent le «miracle» : l’obus a simplement roulé derrière l’autel !

  Cependant, les bombardements continuent, et les habitants se réfugient dans les caves et autres abris. D’autres évacuent vers des régions moins exposées, malgré les difficultés de déplacement : les tramways ne circulent plus, il est impossible de trouver le moindre taxi. Ce n’est pourtant pas encore l’exode général, et la plupart des habitants, plus ou moins confiants dans la solidité du front belge, commencent à s’organiser, pour continuer à mener une vie à peu près «normale».

  Mais l’atmosphère est de plus en plus tendue. Les alertes se succèdent jour et nuit. «Les nouvelles, sans être mauvaises, sont assez confuses. On parle de procédés de guerre tout à fait nouveaux, de batailles de tanks, de parachutistes. Tout inconnu, tout individu suspect est présumé parachutiste, ce qui donne lieu à de lamentables méprises. La psychose de l’espionnage s’empare de tous» (Émile Carlier).

  Dès le 16 mai, des barricades sont élevées à Valenciennes, où une pièce d’artillerie à longue portée a été mise en batterie, sur la place d’Armes. Le 18 mai est décidée l’évacuation de Valenciennes et environs. Dans les jours qui suivent, à la gare, une foule de candidats à l’émigration force les barrages de soldats, dans l’espoir d’accéder à l’un des rares convois en partance, pour gagner des régions plus éloignées du front (en principe, la Bretagne : c’est ce qu’avaient prévu les autorités). Mais c’est pour la plupart au moyen des véhicules disponibles, automobiles, autocars, camions, tracteurs, charrettes, mais aussi à vélo ou à pied, avec ou sans char à bras, que la population émigre. Émile Carlier décrit ainsi la situation sur la route d’Abbeville à Rouen : «Nous avons l’impression d’assister à l’exode de toute la population de la Hollande, de la Belgique et du Nord de la France.»

  Dans Saint-Saulve occupé, la vie continue tant bien que mal. Les habitants disposant d’une ou plusieurs pièces libres logent des soldats allemands, dont beaucoup fraternisent avec leurs hôtes (ce qui ne manquera pas de faire accuser certains de ceux-ci de collaboration...). On manque surtout de nourriture, de vêtements, de tabac (beaucoup vont se ravitailler en Belgique, et certains s’enrichissent grâce au «marché noir»...). On signale quelques cas de déprédations commises par des soldats allemands.

  Des actes d’insoumission aux ordres de la Kommandantur de Valenciennes (refus de remettre à l’occupant les armes à feu, qui sont cachées, les métaux réquisitionnés, arrachage des affiches de propagande incitant à collaborer avec l’ennemi, distribution de tracts...), des sabotages (émetteur radio au coin de la rue Hamoir) sont accomplis isolément, ou par de petits groupes. Mais c’est l’appel lancé à la radio de Londres par le Général de Gaulle le 18 juin 1940, dont le texte fut affiché un mois plus tard, qui marque le début de la Résistance organisée.

  Le monument de la Duchesnois, restauré en 1935, suite à l’enlèvement des statues de bronze en 1915, est à nouveau dépouillé...

  Beaucoup d’habitants de Valenciennes et environs se retrouvent en Bretagne, avec d’autres réfugiés du Nord et du Pas-de-Calais, bientôt rejoints par des Picards. «Toute la région située au Nord de la Somme fait partie de ce que les autorités allemandes appellent zone interdite, et aucune autorisation n’est accordée aux réfugiés pour leur retour» (Émile Carlier).

  Le 20 octobre 43, une forteresse volante, touchée par la DCA allemande, explose au-dessus de Valenciennes, et l’on retrouve des débris dans tout Valenciennes.

  Le lieutenant britanique Mac Namara saute en parachute, et traverse le toit des Établissements Gaspard, rue Duchesnois. Blessé, il est soigné par des voisins et le   Docteur Delrue. Retrouvé deux heures plus tard par les Allemands, il est conduit à l’hôpital de la Luftwaffe, à Cambrai.

  «En 1944, durant les mois qui précèdent le débarquement en Normandie, les Alliés intensifient leurs raids contre les nœuds ferroviaires et les gares de triage... Le 1er mai, une bombe perdue tombe rue d’Estreux, sans faire de victimes. Le 16 juin à minuit, le ciel est illuminé de grappes vertes et rouges, et durant 30 minutes les escadres se succèdent, arrosant d’une pluie de bombes Valenciennes et ses faubourgs ; Anzin, Beuvrages, Saint-Saulve et Bruay ne sont pas épargnés» (Paul Vanderpotte).

  Durant l’été 44, la «maison des seuts», non loin du bois d’Ardenne, est incendiée par un groupe de soldats allemands (ses habitants étaient dans la Résistance).

  Après les graves revers des Allemands en France et en Russie, la libération d’une grande partie du territoire français, et surtout celle de Paris, les habitants du Nord de la France reprennent confiance. «Dans la région de Valenciennes, les autorités régulières ne comptent plus. C’est un comité occulte de résistance aux Allemands qui officieusement gouverne et donne à tous ses directives. On s’attend d’un moment à l’autre à un coup de main contre les occupants.» (Émile Carlier). Le 26 août, l’autorité allemande fait fermer les débits de boissons et interdire la circulation des vélos. L’aviation alliée fait sauter le dépôt de munitions situé en forêt de Raismes. Le 29, les Alliés bombardent les voies ferrées, touchant un gazomètre de l’usine à gaz. Quelques maisons, au Marais, sont démolies par des obus perdus.

  Toute circulation est interdite après 8 heures du soir.

  Les 30 et 31, c’est le repli, à pied, à vélo ou en charrette, des troupes allemandes. Il y a aussi des autos blindées, des camions, des ambulances, et les rares voitures civiles qui peuvent encore circuler sont réquisitionnées. La Kommandantur de Valenciennes libère une partie de ses prisonniers, évacue les autres en camion, et se prépare à déménager.

  Le 1er septembre, le champ d’aviation de Prouvy est détruit, sans avoir été utilisé.  L’aviation alliée bombarde les convois allemands sur la grand-route : au Guindal et au Petit Saint-Saulve, une ferme et plusieurs maisons sont touchées. Certains soldats allemands volent des denrées, des bicyclettes, mais il n’y a pas de pillage organisé. Toutes les communications sont coupées (plus de tramway, plus de journaux, plus de courrier, pratiquement plus de téléphone...).

  Le 2 septembre, «on entend des coups de feu, des fortes explosions, le crépitement des mitrailleuses. Les rues se vident, toutes les maisons se ferment. Une partie de la population se hâte de gagner les abris «(Émile Carlier). De nouveaux convois allemands, surtout hippomobiles, traversent de nouveau le village en direction de la Belgique.

  Le Capitaine Fiévet, vétéran de 14-18, qui habitait rue Pasteur, allait chercher du lait, accompagné de sa fille, dans une ferme du Moulin Rouge ; coupant à travers champs, il aperçoit un groupe de soldats allemands et, pris de peur, se réfugie dans une cabane ; les Allemands le découvrent, et c’est alors que le père et la fille sont fusillés.

  Les Allemands traversaient Saint-Saulve à vive allure, par la Grand-Route, sur trois colonnes de véhicules. C’est alors que certains «résistants de la dernière heure», arborant le brassard des FFI, sortent leurs armes, ou jettent des pierres sur les convois, s’exposant bêtement aux représailles des vaincus humiliés... Au Marquis, un «résistant», caché derrière une haie, tire au fusil sur un motocycliste allemand isolé, qui ne peut évidemment que continuer sa route.

  «Huit jours après la délivrance, un charnier est découvert sur le champ de tir du Rôleur, à Marly. Avant de fuir, la Gestapo a fusillé 17 résistants, hommes et femmes, et s’est empressée de les enfouir» (Paul Vanderpotte).

  Deux femmes, soupçonnées de «relations coupables» avec des Allemands, ont été tondues sur le kiosque. Avant l’évacuation, beaucoup de Saint-Saulviens hébergeaient des soldats français. Dans l’armée française, il y avait beaucoup de «vieux», près d’être démobilisés. Ils partaient tous les matins avec leur mitraillette et leur brouette, pour creuser des tranchées au Marais (vers l’Hôpital Psychiatrique actuel). «Tous les jours is f’sottent des tranchées.» (René Boute). Chez l’habitant logèrent ensuite des soldats anglais, russes, américains... jusqu’à l’occupation par les Allemands. Mais les conflits avec l’occupant étaient assez rares, et beaucoup de nos concitoyens fraternisèrent avec leurs hôtes : un soldat allemand, qui revenait de Russie, était logé par une famille nombreuse. L’un des fils rapporte qu’il se lavait torse nu à la pompe en hiver. En donnant un biscuit à l’enfant, il lui dit : «Pas bon la guerre... Allemagne kaputt !»

  Pendant l’occupation, toutes les Sociétés locales (l’Alerte, la Pro Patria, leFootball-Club...) étaient en sommeil.

  Les effets de la guerre se font ressentir sur le «Pied au Tro», pèlerinage annuel en l’honneur de saint Saulve. En 1940, dans le registre de la Confrérie, le curé Sénéchal note : «Nous sommes en guerre ! Peu de pèlerins à cause des difficultés d’avoir des passeports. Pas de moyens de transport. Hommes mobilisés. Chaque soir, au salut de neuvaine, une assistance convenable mais néanmoins insuffisante, car les circonstances actuelles auraient dû amener plus de paroissiens à la prière pour la paix

  «On n’a pas envoyé d’affiches. Insertion dans La Croix du Nord, La Dépêche, Le Petit Écho.»

  Pendant la neuvaine de mars 1939, donc avant la déclaration de guerre, 2005 cierges, 1072 images, 86 médailles et 9 plaquettes de plâtre à l’effigie de saint-Saulve avaient été vendus. Les chiffres sont en baisse lors de la neuvaine de 1940 : 731 cierges, 354 images, 68 médailles et 2 plaquettes...

            «1941. Encore la guerre !

              1942. Toujours la guerre ! et M. le Curé malade n’a pas pu recevoir les pèlerins qui, néanmoins sont venus assez nombreux. [...] N.B. Impossible de trouver des cierges votifs.

              1943. Encore et toujours la guerre ! !

              1944. « « «

              1945. Pour ces années j’ai inscrit jour par jour au registre des recettes et dépenses les recettes de la neuvaine. [signé :] A. Sénéchal, curé.

              1946. Pèlerinage non annoncé dans les journaux (1re année de mon arrivée à Saint-Saulve) [...] Raphaël [Bienvenu, qui fait office de sacristain] vend les 152 images qui restent. [Le nouveu curé est l’abbé René Coustenoble].

              1947. Essai de relancement. 2 articles dans la presse.»

  La «résistance passive» s’exprimait surtout par la dérision. Ainsi, les gamins reprirent le couplet que leurs grands-pères avaient adressé à Bismarck, puis leurs pères à Guillaume II :

            As-tu vu Hitlère

            Sur la port’ de sa maison

            Qui fumait sa pipe

            Dans un gros canon ? [variantes : Sur un gros

            canon ou Avec un canon.]

            V’là l’ canon qui buque,

            V’là Hitler foutu !

 

  Sur l’air des Ponts de Paris, ils chantaient :

            Sous les ponts de Paris

            On voit Hitler qui ch...

            Et les soldats ramasser les crottins

            Pour bombarder Berlin.

 

  Et sur l’air de Lily Marlène :

            Devant la caserne

            Un soldat all’mand

            Qui montait la garde

            Comme un vieux fainéant,

            On lui d’mandait : «Pourquoi pleur’s-tu ?»

            Il répondit : «Nous somm’s foutus,

            Hitler sera pendu !» (bis)

 

  Sur le même air, on évoquait les restrictions alimentaires :

            Quand on n’a plus d’ beurre

            On prend d’ la margarine,

            Quand on n’a plus d’ sucre

            On prend d’ la saccharine,

            Et quand on n’a plus de café

            On fait griller des pois cassés

            Voilà l’ régim’ Pétain

            Qui nous fait crever d’ faim !

 

  Les soldats américains mirent à la mode la chanson It’s

a long way to Tipperary, qui devint :

            Mi, j’ sais l’inglais

            Sans ll’avoir appris,

            Mi, j’ sais l’inglais tout seu.

            Mi, j’ sais l’inglais

            Sans ll’ avoir appris,

            Mi, j’ sais l’inglais mieux qu’ ti !

 

  Dans le même esprit de dérision, on utilisait - et longtemps encore après la guerre - des casques allemands pour vider les fosses d’aisance, dont on répandait le contenu sur les jardins.

Sources : entretiens avec des témoins de l’époque.

Gaston Bernier, La Tourmente.

Emile Carlier, Evacuation – Occupation - Libération de Valenciennes.

Maurice Delame-Lelièvre, Le Hainaut-Cambrésis dans la guerre (France-Belgique 1939-1945).

Henri Platelle (dir.), Histoire de Valenciennes.

Ernest Trelcat, Autant en emporte le temps.

Paul Vanderpotte, Histoire de Beuvrages.

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Au menu

Mardi 28 mars

Salade de
tomates

Sauté de boeuf
Pommes de terre,
haricots verts

Yaourt

Biscuit

Mercredi 29 mars

Champignons
frais

Croque-monsieur
à la béchamel
Salade

Yaourt

Goûter

Jeudi 30 mars

Salade d'endives
1/2 oeuf dur

Blanquette
de dinde
Carottes Vichy,
riz

Camembert

Fruit

Vendredi 31 mars

Carottes râpées

Poisson à
la tomate
Semoule aux
petits légumes

Kiri

Fruit

Lundi 3 avril

Concombres
à la crème

Chicons
au gratin

Camembert

Gâteau de
semoule

Mardi 4 avril

Salade de
tomates

Cuisse de
poulet
Semoule,
ratatouille

Fromage

Fruit

Mercredi 5 avril

Courgettes râpées,
dés de mimolette

Sauté de
canard
Flageolets

Pomme

Goûter

Jeudi 6 avril

Potage tomate
vermicelles

Sauté
de veau
Brocolis à
la crème

Comté

Poire

Vendredi 7 avril

Betteraves
rouges crues

Pavé de colin
Quinoa

Petits-suisses

Lundi 10 avril

Concombres

Boeuf bourguignon
Pâtes tricolores
au beurre

Yaourt

Goûter

Mardi 11 avril

Salade
piémontaise

Sauté de porc
Haricots verts

Vache qui rit

Fruit

Goûter

Mercredi 12 avril

Radis

Sauté d'agneau
Flageolets à
la provençale

Fromage

Fruit

Goûter

Jeudi 13 avril

Potage tomate
et croûtons

Blanquette
de veau et
ses légumes
(navets, poireaux,
pommes de terre
vapeur)

Cantal

Fruit

Goûter

Vendredi 14 avril

Friand au
fromage

Filet de poisson
citronné
Gratin de
courgettes

Tomme blanche

Fruit

Goûter

Mardi 18 avril

Tomates
mozzarella

Omelette nature
Jardinière de
légumes,
pommes de terre

Crème dessert
chocolat,
biscuit

Goûter

Mercredi 19 avril

Concombres

Riz mexicain
(chorizo, lardons,
poivrons, tomates,
oignons)

Chanteneige

Fruit

Goûter

Jeudi 20 avril

Salade
piémontaise

Veau sauce
forestière
Carottes Vichy

Gouda

Fruit

Goûter

Vendredi 21 avril

Salade
coleslaw

Dos de cabillaud
au gratin

Tartare

Fruit

Goûter

à la M.J.C