Mairie de Saint-Saulve

146 rue Jean Jaurès
59880 Saint-Saulve
Tél : 03 27 14 84 00
Fax : 03 27 14 84 49
e-mail :
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Superficie :  1 204 ha
11 354 habitants
APE : 751 A
SIRET : 215 905 449 000 17
Code INSEE : 544
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Marché hebdomadaire :
MARDI MATIN
Av. Charles de Gaulle

Sur les afficheurs...

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de la piscine municipale
en juillet et août


Du lundi au vendredi :
9h45 - 13h30,
14h30 - 16h30,
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Samedi :
14h30 - 16h30,
17h15 - 19h15.

Dimanche :
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Fermetures d'été

Multi-accueil :
Du lundi 31/07 au
lundi 28/08 inclus

 Ludothèque :
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vendredi 01/09 inclus

Lieu d'Accueil
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(LAEP) :
Reprise le mardi 05/09

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Kiosque & divers

Calendrier des Fêtes 2017

SAINT-SAULVE AU 19e SIÈCLE :

DU PETIT VILLAGE À LA VILLE AUX ACTIVITÉS DIVERSIFIÉES

 
LA POPULATION

  Au moment de la réunion du Valenciennois à la France, Saint-Saulve, comme les autres communes limitrophes de Valenciennes, était un petit village de quelques centaines d’habitants (363 au dénombrement de 1699). En 1801, date du premier recensement moderne dans toutes les communes de France, Marly, Aulnoye et Saint-Saulve n’atteignent pas encore 1000 habitants, tandis qu’Anzin, cité minière en grand essor, en compte déjà 3000.

  Au cours du 19e siècle, la population anzinoise continue à augmenter considérablement autour des mines et des établissements industriels qui en découlent (verrerie, métallurgie). Aulnoy, aux activités restées surtout rurales, voit sa population s’accroître très lentement, tandis qu’à Marly et Saint-Saulve, où les activités se diversifient, la croissance est plus importante, puisque ces communes ont plus de 3000 habitants en 1901.

  L’étude des recensements et des données de l’état civil concernant les naissances et décès permet des remarques intéressantes.

  Le bilan démographique est irrégulier mais presque toujours positif.

  Il a été possible de calculer les taux de natalité et de mortalité pour les années de recensement. La natalité oscille entre 26,95‰ et 30,76‰. Ce taux est ainsi inférieur à la moyenne du département du Nord, puisque Madame Buriez-Duez1 signale qu’à l’époque étudiée, il reste supérieur à 30‰, et le plus souvent atteint 32 à 33‰. Parmi ces bébés, le nombre des enfants naturels reste toujours faible à Saint-Saulve : il est nul pour une dizaine d’années, de deux ou trois pour les autres, mais atteint en 1870 huit naissances sur les soixante-seize enregistrées cette année-là.

  La mortalité est très irrégulière : exceptionnellement faible en 1856 avec 10,74‰, elle atteint 27‰ en 1861. Sans doute est-elle encore plus importante pour les années où le nombre des décès est supérieur à celui des naissances mais qui, n’étant pas années de recensement, n’ont pu permettre de calculer natalité et mortalité. Dans les années à bilan démographique négatif, le choléra est certainement responsable des nombreux décès de 1849 et 1854 ; cependant, la dernière épidémie cholérique de 1866 semble avoir été moins grave à Saint-Saulve, où les naissances sont plus nombreuses que les décès.

  L’étude de l’état civil permet encore de noter la vie particulièrement longue de quelques Saint-Saulviens. Entre 1848 et 1871, on enregistre soixante et un décès de personnes ayant plus de quatre-vingts ans, cinq d’entre elles ayant atteint plus de quatre-vingt-quinze ans, dont la doyenne morte à cent un ans en 1857. Parmi les personnes très âgées au moment de leur décès sont mentionnés deux «médaillés de Sainte-Hélène», l’un mort à quatre-vingt-deux ans en 1861, l’autre à soixante-dix-neuf en 1856 : ces hommes font partie des vétérans des armées impériales, auxquels Napoléon III, par un décret du 12 août 1857, attribua cette médaille, en souvenir des années passées au service de son oncle.

  La mortalité infantile, calculée pour chaque année, est, elle aussi, très variable : 47‰ en 1856, 276‰ en 1849, elle est en moyenne de 133,5‰ sur la période étudiée, ce qui est plus faible que le taux moyen en France (168‰) et dans le Nord (178‰) au 19e siècle. On peut penser qu’à Saint-Saulve la mortalité infantile est moins élevée que dans de nombreux centres urbains parce que, on le verra plus loin, la commune garde des aspects ruraux (jardins nombreux aérant les différents quartiers, possibilité d’avoir du lait frais à la ferme voisine...)

  L’étude de la répartition mensuelle des décès n’a pas permis de déceler une saison régulière de mortalité plus grande chez les adultes ou chez les enfants. En 1851, c’est l’hiver, de janvier à avril, qui livre la moitié des décès ; il en est de même en 1858 et 1862.

  En 1864, 1865, 1870 et 1871, c’est entre mars et juin que les décès sont nombreux. La mortalité est grande entre mai et août pour les années 1849, 1854, 1860, 1861 et 1866 : parmi ces années de forte mortalité estivale, il faut encore remarquer les années des dernières épidémies cholériques (1849, 1854 et 1866). Sous la Troisième République, et tout particulièrement au début du 20e siècle, se déroulèrent dans le Nord de nombreuses campagnes pour la surveillance de la santé des enfants en bas âge, par les «consultations de nourrissons» organisées dans les communes. Saint-Saulve y recourt, et en 1905, le Conseil municipal peut se féliciter de l’action menée auprès des jeunes mamans et de leurs enfants par le docteur et la sage-femme.2

  Si le bilan démographique naturel est le plus souvent positif, il ne suffit pas pour expliquer la croissance de la population : Saint-Saulve attire de nouveaux habitants par la diversité des activités qui s’y développent.

1. Marie-Pascale BURIEZDUEZ, Le mouvement de la population dans le département du Nord au XIXe siècle.

2. Registres des délibérations du Conseil municipal, Archives communales de Saint-Saulve.

L'AGRICULTURE

  Cette activité tient toujours une place importante pendant tout le 19e siècle. Une enquête agricole réalisée en 1852 permet de savoir que sur les 1204 hectares de la commune, 1100 sont consacrés à l’activité agricole dans 59 fermes :

  • 24 sont de petites exploitations de moins de 5 hectares,
  • 16 exploitations ont entre 5 et 10 hectares,
  • 12 entre 10 et 20 hectares,
  • 4 entre 20 et 50 hectares,
  • 3 entre 50 et 100 hectares.

  On constate ainsi que les petits agriculteurs, qui représentent 40,6% des exploitants, ne mettent en valeur qu’une faible partie du terroir, à peine 120 hectares, donc moins que la surface exploitée par les trois plus grandes fermes.

  Notons la part prédominante tenue par les céréales :

  • le froment, réservé à l’alimentation humaine (le rendement est ici supérieur à la moyenne obtenue dans le Nord) ;
  •  l’avoine, essentiellement destinée à l’alimentation des chevaux ;
  • l’orge, utilisée en grande quantité pour la fabrication de la bière, boisson usuelle de la région, dans les trois brasseries de Saint-Saulve (on recense en 1896 cinquante-quatre estaminets dans la commune) ;

  un peu de seigle, dont le chaume est sans doute utilisée pour la couverture de quelques pauvres maisons (et aussi pour le paillage des chaises).

  De nouvelles cultures tiennent ici une place importante : la betterave sucrière destinée aux trois sucreries installées dans la commune, et la chicorée que torréfient trois fabriques ; sans doute cette plante est-elle classée dans les «racines diverses» de l’enquête.

  Poireaux, carottes, navets et légumes divers font sans doute partie des «autres cultures» faites par les nombreux maraîchers, qui valent alors aux habitants de Saint-Saulve le surnom de Choux rouges. Ces productions légumières alimentent le marché de Valenciennes.

  Les prairies artificielles sont consacrées à diverses légumineuses (trèfle, luzerne, vesce), utilisées pour l’alimentation du bétail. Ces cultures ont la particularité d’enrichir le sol par l’azote de leurs racines ; elles entrent dans l’assolement pratiqué alors. Cette succession de légumes variés (il faut y joindre les pommes de terre) permet d’éviter l’épuisement du sol. Pour améliorer les rendements, on utilise du fumier, provenant de l’exploitation même, ou acheté à l’extérieur (on sait par exemple que la garnison militaire de Valenciennes vend le fumier de ses écuries).

  L’élevage est important, mais il a changé par rapport aux siècles précédents.

  Il existe encore trois ou quatre petits troupeaux de moutons, le nombre total des bêtes atteignant seulement une centaine. A la fin de l’été, chaque troupeau peut aller paître sur les terres vidées de leurs récoltes, suivant un parcours régulièrement fixé.

  Ce sont désormais les bovins qui sont les plus nombreux (372, dont 207 vaches laitières de race hollandaise). Pendant la belle saison, ces bêtes vont paître sur les nombreuses prairies naturelles, mieux drainées qu’autrefois.

  Les chevaux sont au nombre de 242, sans doute pour la plupart chevaux de trait.

  Porcs, volailles et lapins complètent l’élevage de chaque ferme.

  L’enquête de 1852 évoque l’outillage utilisé, et mentionne une centaine de charrues à avant-train, 7 scarificateurs «modernes» et une centaine de chariots à deux ou quatre roues. Aucun semoir moderne n’est indiqué, et il semble que les semailles se font encore à la main, comme Victor Hugo les décrivait en parlant du «geste auguste du semeur», et que l’égrenage des céréales se fait encore au fléau.

  Dans les petites fermes, le travail est fait par le paysan et sa famille, aidés peut-être au moment des gros travaux par un ou deux journaliers. Dans les exploitations plus importantes sont employés un ou plusieurs valets de ferme et une ou plusieurs servantes, engagés les uns et les autres à l’année. Là aussi, il faut faire appel à de la main d’œuvre temporaire pour les gros travaux.

  En 1852, le salaire d’un ouvrier agricole est de 1,50 franc par jour s’il n’est pas nourri, de 0,75 franc s’il est nourri à la ferme. Une ouvrière agricole reçoit 0,90 franc si elle n’est pas nourrie, 0,40 franc si elle l’est. Ce sont là des salaires modiques, si on les compare aux prix des denrées : un kilo de beurre coûte deux francs. Il est alors plus coûteux de louer un cheval pour une journée (quatre francs) que de payer un ouvrier.

  S’il possède quelques hectares, le petit paysan est déjà riche, car la terre, elle aussi, est coûteuse : le prix d’un hectare varie, selon la qualité de la terre, de 5 000 à 8 000 francs.

  Notons encore que le fermage (le loyer annuel) d’un hectare de terre équivaut aux gages annuels d’une servante (environ 140 francs).

  Après la moisson, le glanage est autorisé sur les champs pendant quelques jours, avant l’arrivée des moutons, et sous la surveillance du garde champêtre.

  Quinze ans après l’enquête de 1852, Édouard Hamoir fera de sa grande ferme de la Rougeville une exploitation modèle.

LES AUTRES ACTIVITÉS

  Plusieurs établissements industriels dépendent de la production agricole :

  • Trois sucreries offrent un emploi saisonnier, d’octobre à février, à 120 ouvriers et 40 apprentis (pendant le reste de l’année, ces hommes sont ouvriers agricoles). Ces entreprises utilisent 7 machines à vapeur.
  • Trois fabriques de chicorée emploient 54 personnes, dont 50% de femmes. C’est Charles Giraud, mort à Saint-Saulve en 1827, qui a introduit la torréfaction dans la commune.
  • Trois fabriques de graisse emploient 32 personnes.
  • Trois brasseries produisent de la bière : l’une, assez forte, est vendue 16 francs l’hectolitre, l’autre, la «petite bière», peu alcoolisée et d’usage courant, est vendue 4 francs l’hectolitre.
  • Une distillerie donne du travail à 30 ouvriers et 20 apprentis.

  En liaison avec l’activité métallurgique, l’entreprise Serbat, installée depuis 1839, fabrique des mastics métalliques brevetés en 1846. Ces mastics sont très importants, puisqu’ils servent à l’assemblage des joints pour les machines à vapeur.

  À ces entreprises importantes, il faut ajouter les activités plus traditionnelles dans une commune rurale : 3 maréchaux-ferrants, 4 charrons, 6 menuisiers, 1 maçon, 1 boucher, 2 boulangers, 15 épiciers. Sans doute faut-il ajouter quelques cabaretiers dont l’enquête ne parle pas.

  Il est probable aussi que certaines personnes travaillent à Valenciennes et à Anzin, où les emplois miniers et industriels sont de plus en plus nombreux. Quelques décennies plus tard, au moment où l’on construit un nouveau pont sur l’Escaut vers la Bleuse Borne, il est dit que 150 ouvriers travaillant à Anzin peuvent emprunter ce pont.

  L’exploitation charbonnière a été tentée à Saint-Saulve pendant quelques années à la fin du 19e siècle, mais fut très peu rentable et rapidement abandonnée.

LA MODERNISATION DE LA COMMUNE

  À partir de 1842, un chemin de fer relie le Valenciennois à Quiévrain. Pendant un an, le point de départ en a été sur le territoire de Saint-Saulve, car Valenciennes était toujours ceinte de remparts. En 1843, le Ministère de la Guerre autorise l’édification d’un «débarcadère» à Valenciennes, sous la forme d’une construction légère installée hors des remparts, sur l’Esplanade actuelle. Saint-Saulve n’a plus qu’une halte, où même tous les trains ne s’arrêtent plus, si l’on en juge par les nombreuses récriminations qui arrivent à la mairie vers la fin du siècle.

  La route de Valenciennes à Mons connaît toujours un trafic important de voyageurs et de marchandises. Pendant tout le siècle, l’entretien de cette route et des autres rues de la commune pèse lourd dans les finances municipales ; peu à peu ces axes de circulation sont pavés, moyennant l’ajout de quelques centimes sur les feuilles d’impôt. Parfois, comme en 1868, il est fait appel au volontariat des cultivateurs pour le transport des pavés.

  La fin du Second Empire voit l’arrivée dans le village de l’éclairage public (au gaz) d’une rue, l’actuelle rue Barbusse : Monsieur et Madame Hamoir obtiennent en effet en 1869 qu’une canalisation de gaz soit installée à la Rougeville, pour permettre d’éclairer la grande demeure qu’ils viennent de faire construire. La rue bénéficie alors d’un éclairage moderne dont les factures seront payées par la famille Hamoir, jusqu’au décès de Madame Hamoir, en 1888.

  Dans les années 1890, la Compagnie du Gaz installe la canalisation qui alimente désormais la route nationale vers la Belgique, et la municipalité y installe des candélabres d’éclairage public. Au tournant du siècle, c’est dans la rue de Condé, vers le Marais, que l’éclairage public au gaz est installé.

  Bientôt, l’électricité remplace le gaz pour l’éclairage public, assuré à partir de 1906 par des ampoules «de 16 bougies».

  La modernisation de la commune est encore marquée par l’ouverture en 1902 d’un bureau de télégraphe. Deux ans plus tard, un réseau téléphonique est établi entre Valenciennes et Saint-Saulve, où une cabine téléphonique est installée.

  La fin du 19e siècle voit aussi l’installation de la ligne de tramway de Valenciennes à Blanc-Misseron par Saint-Saulve, Onnaing, Quarouble et Quiévrechain, le long de la route nationale. Lors de sa mise en exploitation en 1882, la ligne commence au-delà des remparts de Valenciennes (sans doute aux environs de la place Poterne) ; mais, devant les protestations des Valenciennois, cette ligne est prolongée deux ans plus tard de 400 mètres à l’intérieur de la ville, par la Porte de Mons. Il s’agit alors d’un tramway à vapeur : la traction électrique n’interviendra qu’au début de 1914.3

3. Vincent PAYEN a décrit les débuts du tramway dans le Valenciennois, dans Valentiana, N°18.

L’OEUVRE DE LA FAMILLE HAMOIR À SAINT-SAULVE

  À plusieurs reprises, il a été fait mention de la famille Hamoir, dont il faut souligner le rôle considérable dans la commune au 19e siècle.4

Édouard Hamoir est né en 1810 au n° 16 de la rue du Grand Fossart à Valenciennes, dans une famille d’industriels (commerce de batiste, intérêts dans divers charbonnages). Édouard Hamoir est ainsi membre de la Société des Hauts-Fourneaux de Maubeuge, dont il plusieurs banques, et fait partie des administrateurs de la Banque de France à Valenciennes.

  En 1836, il épouse sa cousine, Mélanie Warocqué, de Morlanwez (Belgique), dont la famille a des intérêts dans les charbonnages de Mariemont. En 1840, le jeune couple se fait construire une belle demeure à Valenciennes, 40, rue de Mons (actuellement lycée de la Sagesse). Ce sera la première demeure valenciennoise à bénéficier du chauffage central.

  Édouard Hamoir a été maire de Valenciennes de 1846 à février 1848 (date de la Révolution), puis est revenu au Conseil municipal de 1852 à 1855, et de 1860 à 1865.

  En 1857, les Hamoir achètent à Saint-Saulve le domaine de la Rougeville, où existait déjà une maison de campagne. Ils font bientôt construire sur le domaine une superbe demeure où désormais ils passent l’été sans être trop éloignés de Valenciennes. Édouard Hamoir crée aussi une ferme modèle exploitant les 80 hectares de la propriété, constitués surtout de prairies : chevaux, vaches et cochons y sont soigneusement sélectionnés. L’outillage y est des plus modernes : la première machine agricole à vapeur de l’arrondissement est achetée par Édouard Hamoir.

  En 1860 et 1861, Édouard et Mélanie Hamoir sont marqués par deux drames : ils perdent successivement leurs deux fils, âgés de 17 et 21 ans. Ils sont désormais sans héritier direct, et vont consacrer une partie de leur fortune à des œuvres charitables et pieuses à Saint-Saulve et à Valenciennes.

  À Saint-Saulve, c’est d’abord en 1861 l’ouverture de l’asile Saint-Abel, où s’installent trois religieuses de Saint-Vincent-de-Paul, chargées de visiter et soigner les pauvres, de réunir les jeunes filles dans un ouvroir, et de s’occuper des enfants de 2 à 7 ans dans une sorte d’école maternelle.

  Quand ils habitent Saint-Saulve, les Hamoir fréquentent la vieille église paroissiale, toute proche des vestiges de l’abbaye ; cette église, désormais trop petite, est en mauvais état, et son clocher menace ruine. Le couple va s’intéresser à la construction d’une nouvelle église. Les Hamoir achètent le terrain nécessaire sur une grande prairie bordant la rue de Valenciennes, face à l’entrée de leur propriété. L’église, édifiée sur les plans de l’architecte Dutouquet, est consacrée en 1865. Elle a coûté 280 000 francs, auxquels il faut ajouter 30 000 francs pour les terrains voisins. Les Hamoir paient aussi pour le percement d’une rue joignant l’église à la route «impériale», pour rendre l’édifice religieux plus central dans la commune qui grandit (en 1872, cette rue sera baptisée rue Hamoir).

  En 1869, Édouard Hamoir crée à ses frais une bibliothèque de prêt, confiée à l’instituteur communal.

  En 1871, Édouard Hamoir devient maire de Saint-Saulve ; il ne le sera que deux ans, puisqu’il meurt en 1873, âgé de 63 ans. Sa femme lui survit quinze ans. Lorsque Mélanie Hamoir décède en 1888, elle lègue à la commune la propriété de l’asile Saint-Abel, ainsi qu’une somme de 100 000 francs placée en rente de l’État, et dont le revenu servira à entretenir le bâtiment et à subvenir aux besoins des religieuses qui s’y dévouent. Ce bâtiment appartient aujourd’hui à l’Association diocésaine.

  Une autre somme de 100 000 francs, placée en rente de l’État, est destinée au bureau de bienfaisance communal, pour des distributions de pain, viande, charbon et vêtements aux nécessiteux les jours anniversaires de décès de ses fils, de son mari et d’elle-même.

  Mélanie Hamoir lègue à l’église de Saint-Saulve les bustes de ses enfants sculptés par Carpeaux (ils ont été déposés au Musée de Valenciennes en 1921 par la «Fabrique» de l’église.)

  Elle fait aussi des dons très importants à Valenciennes, en particulier 100 000 francs pour l’installation d’un orgue dans la nouvelle église Notre-Dame du Saint-Cordon.

4. Éric HAMOIR, Les Hamoir dans le Hainaut français de la Restauration à 1900, publication A.G.F.H., Valenciennes, N°118.

L'ENSEIGNEMENT

  Parmi les charges que la municipalité doit assumer, l’enseignement primaire tient une place de plus en plus importante à mesure que la population s’accroît dans le village.5

  Une ordonnance royale de 1816 demande à chaque commune d’assurer à tous les enfants une instruction primaire (lecture, écriture et premiers rudiments de calcul). L’instituteur chargé de ce travail doit être logé par la commune. Il est rétribué par les parents d’élèves, mais la municipalité doit payer la mensualité pour chaque enfant indigent. Nous apprenons ainsi qu’en 1821 l’école compte 123 élèves, dont 47 sont à la charge du Bureau de charité. De juin à septembre, l’école est vacante pour cause de travaux agricoles, auxquels les enfants peuvent participer ; ainsi l’indemnité n’est payée à l’instituteur que pour huit mois par an (de quoi vit-il pendant les mois d’été ? Le registre n’en parle pas...) Parmi les enfants dont les parents peuvent payer la scolarité, un certain nombre, non précisé, vont en classe à Valenciennes.

  En 1841, la commune décide de construire au centre du village, non loin de l’église, une école de garçons et une école de filles ; cette dernière sera confiée à deux religieuses de Sainte-Thérèse d’Avesnes, l’une pour les grandes, l’autre pour la salle d’asile où sont accueillis les petits, garçons et filles.

  Cette même année, une loi oblige la commune à organiser des cours de midi à 14 heures pour les enfants qui ont déjà du travail : l’instituteur s’occupera des garçons, et une religieuse des filles.

  En 1845, les Ursulines quittent Valenciennes pour Saint-Saulve, où l’ordre a racheté et fait aménager les immeubles encore debout de l’ancienne abbaye. Elles y ouvrent un pensionnat pour jeunes filles et une classe primaire pour filles : cette classe concurrence dans les années 1850 la classe communale, confiée alors à une institutrice laïque, bientôt déclarée incompétente et obligée de partir : désormais les filles sont confiées aux Ursulines.

  La commune grandit, le nombre des enfants scolarisés augmente, et le nombre des maîtres aussi, mais avec souvent quelques retards, malgré les demandes faites à la mairie.

  Jusqu’aux lois scolaires de Jules Ferry (1881-1882), les familles doivent rétribuer les enseignants, la commune n’intervenant que pour les indigents. A la fin du siècle, l’obligation scolaire pour tous les enfants jusqu’à douze ans et l’accroissement de la population gonflent les effectifs.

  Les jeunes enfants vont à l’asile Saint-Abel. Les filles sont confiées à trois religieuses ursulines dans des locaux du pensionnat, mais «complètement distincts.» Quant aux garçons, ils sont sous la responsabilité de trois instituteurs. De nouveaux locaux sont nécessaires, puisqu’il a fallu transformer en salle de classe un local servant de magasin communal.

  En 1900, pour faire face aux besoins, la municipalité fait l’acquisition d’un terrain appartenant aux Hospices de Valenciennes, et situé à l’angle de la route nationale et de la rue du Calvaire : une école spacieuse y est construite, et elle accueille à partir de 1903 les quatre instituteurs et leurs élèves.

  La laïcisation de l’école publique, demandée par les autorités préfectorales dès les années 1895-1896, provoque des remous à Saint-Saulve, où l’instruction des filles est confiée à des religieuses. Au début du 20e siècle, ces religieuses font place à des institutrices laïques, et en 1906 la municipalité félicite la directrice de l’école publique pour les résultats obtenus au Certificat d’Études Primaires. Sans doute les élèves sont-elles encore dans les locaux tout proches du pensionnat que les Ursulines ont été contraintes de quitter. C’est en 1911 qu’une nouvelle école des filles est inaugurée ; elle a été construite sur un terrain encore acheté aux Hospices de Valenciennes, situé partie sur la route nationale, partie sur la route d’Estreux.

  L’école maternelle publique est alors transférée dans l’ancienne école des filles, proche du couvent.

  Après les élections municipales de 1904, Julien Place, industriel à la tête d’une pilouterie, est reconduit dans les fonctions de maire qu’il assume depuis 1893 ; il est élu confortablement au premier tour de scrutin, par 20 voix sur 21 votants ; ses adjoints sont Alfred Masson et Victor Hornez. La laïcisation des écoles publiques, puis la séparation de l’Église et de l’État, en 1905, provoquent bien des discussions, et même des polémiques, tant en ville qu’au sein du Conseil municipal. En juin 1906, Victor Hornez demande au Conseil de voter un arrêté interdisant les processions dans la commune ; malgré l’opposition du maire, cette décision est adoptée par 9 voix contre 8 et une abstention, ce qui provoque la démission de Julien Place, et son remplacement, en septembre 1906, par Victor Hornez, élu au second tour avec 10 voix sur 18 présents. Victor Hornez sera maire jusqu’en 1922, et il aura la lourde tâche de gérer la commune pendant la Première Guerre mondiale.

5. Registres des délibérations du Conseil municipal, Archives communales de Saint-Saulve.

AUTRES SOURCES :

- Registres d’état civil de Saint-Saulve.

- Recensement agricole de 1852.

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Jeudi 27 juillet

Salade de
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Salade perles
de blé, surimi,
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Vendredi 28 juillet

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Duo de poivrons,
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Roulé aux herbes

Yaourt

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Lundi 31 juillet

Taboulé

Sauté de porc
Haricots verts

Camembert

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Mardi 1er août

Lentilles en
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Sauté de veau
Jardinière de
légumes

Vache qui rit

Fruit

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Mercredi 2 août

Salade de tomates

Sauté de dinde
Pommes de terre,
carottes Vichy

Comté

Yaourt

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Jeudi 3 août

Concombre
en salade

Salade de pâtes,
aiguillettes de poulet,
tomates, poivron, maïs

Bonbel

Fruit

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Vendredi 4 août

Céleri-rave à
la vinaigrette

Omelette
Ratatouille

Chanteneige

Pâtisserie

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Lundi 7 août

Carottes râpées
au citron

Poisson pané
Riz, champignons

Leerdammer

Glace

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Mardi 8 août

Céleri rémoulade

Saucisse de
Toulouse
Lentilles cuisinées

Kiri

Fruit

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Mercredi 9 août

Salade fromagère

Goulash à
la hongroise
Coquillettes

Yaourt

Goûter

Jeudi 10 août

Tomates
en salade

Sauté de dinde
à la provençale
Haricots au
beurre persillé,
pommes de
terre vapeur

Mini Brin

Fruit

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Vendredi 11 août

Cabillaud
Salade de pommes
de terre et chou-fleur

Fromage

Fruit

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à la M.J.C