Mairie de Saint-Saulve

146 rue Jean Jaurès
59880 Saint-Saulve
Tél : 03 27 14 84 00
Fax : 03 27 14 84 49
e-mail :
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Superficie :  1 204 ha
11 354 habitants
APE : 751 A
SIRET : 215 905 449 000 17
Code INSEE : 544
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Marché hebdomadaire :
MARDI MATIN
Av. Charles de Gaulle

Sur les afficheurs...

Concours des
Maisons Fleuries

Passage du jury local :
Jeudi 1er juin
en journée

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Espace Athena

Samedi 3 juin
à 20h

Concert de Printemps
de l'Harmonie municipale

Entrée gratuite

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Boulodrome Fortier

Dimanche 4 juin
de 8h à 22h

Championnat de Ligue Triplettes
Masculins & Féminins

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Salle des fêtes

Dimanche 4 juin dès 15h Super Loto

organisé par

"En toute Amitié"

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Dimanche 4 juin

15e Brocante du Bosquet

Inscriptions dès à présent Rens. 03 27 46 54 60

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Salle des Fêtes

Lundi 5 juin dès 15h

Super Loto

organisé par

"Les Copains d'Abord"

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Samedi 24 juin

Brocante du Rôleur

Inscriptions dès à présent

Rens. 03 27 42 22 84
après 18h30

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Kiosque & divers

Calendrier des Fêtes 2017

SAINT-SAULVE EN HAINAUT

   

    Situé dans le département du Nord, arrondissement de Valenciennes, canton d’Anzin, sur l’Escaut (rive droite), en aval de Valenciennes, Saint-Saulve est traversé par la R.N.30 (axe Paris-Bruxelles). Sa superficie est de 1204 hectares, son périmètre de 16,9 km. L’altitude moyenne est de 20 mètres (59 mètres au Mont du Rôleur, 31 à la Mairie, 18 au Bas-Marais). On comptait, au dernier recensement (1999), 11 188 habitants (les Saint-Saulviens, surnommés «Choux Rouges»).
La cité des Nerviens

    Le Rôleur, le Bas-Marais et le Petit-Saint-Saulve ne sont plus aujourd’hui les hameaux qu’ils étaient au début du 20e siècle : l’urbanisation consécutive au «boom» démographique des années 50, puis les programmes de lotissements entrepris dans les années 60 ont rapproché ces quartiers du «Vieux Saint-Saulve» de ce qui est en train de devenir le «Cœur de Ville», entre le carrefour de la Douane et la rue Duchesnois. Cependant, la construction des lotissements, résidences et nouvelles rues (decarte1 1962 à 1996) n’ont pas fait disparaître de l’usage les anciens noms de lieux-dits comme le Marquis, la Marlière, la Douane, le Guindal, le Moulin-Rouge, le Bois d’Ardenne, le Grand-Cavin, le Bosquet, le Village, le Gras-Bois, Sainte-Élisabeth, le Roucou, auxquels on peut ajouter la Rougeville et le marais de l’Épaix, bien qu’ils se situent en grande partie sur le territoire de Valenciennes.

   En bordure de l’Escaut, fleuve-frontière, notre commune s’est longtemps située à la limiteoccidentale d’un territoire : celui de la Cité des Nerviens, séparée par l’Escaut de celle des Atrébates (payscarte2 d’Artois et d’Ostrevant) ; celui du Hainaut, face à l’Ostrevant et à la Flandre ; celui de l’évêché de Cambrai, face à l’évêché d’Arras ; celui du Saint-Empire romain germanique, face au royaume de France... Après avoir appartenu au Saint-Empire, aux États bourguignons, aux Pays-Bas espagnols, Saint-Saulve ne fut définitivement rattaché à la France qu’en 1678 (Traité de Nimègue), après la prise de Valenciennes et de sa banlieue par Louis XIV, en 1677.

 

DEUX «MYTHES FONDATEURS»

 Brennus, fondateur de «Brena»

    «Du temps de nos ancêtres les Nerviens, notre village s’appelait Brena.» Voilà ce qu’ont répété desnerviens générations de compilateurs, depuis le 14e siècle... En fait, c’est le chroniqueur Jacques de Guise (né à Mons, ou à Chièvres, en 1334, mort à Valenciennes en 1399) qui, suivant la mode du temps, dota villes et villages de fondateurs prestigieux : l’empereur Valentinien pour Valenciennes, Bavo (cousin de Priam !) pour Bavay... et Brennus, le fameux (et plus ou moins légendaire) chef des Celtes Senons, censé avoir pris Rome vers 390 avant notre ère, pour Saint-Saulve. D’où le nom de Brena, forgé de toutes pièces au 14e siècle par Jacques de Guise pour un village qui était déjà nommé Sanctus Salvius au 9e siècle... et l’appellation de Brenne Libre à l’époque révolutionnaire.

 

 L’héritage espagnol

    Le Hainaut, certes, a fait partie de l’empire de Charles Quint (né à Gand !), qui était en effet roi d’Espagne, mais surtout empereur germanique... Philippe II, son fils, n’était plus empereur, mais sa répression du calvinisme dans les Pays-Bas, et la révolte des Huguenots en Hainaut, en 1566, ont marqué en profondeur la mémoire collective. Ce n’est pas pour autant que les parlers du Nord ont conservé plus de traces de la langue espagnole que le français : prétendre que les Déprez («des prés») ou les Desfossez pierre(«des fossés») sont d’origine espagnole reviendrait à dire qu’une phrase comme «Ne montrez plus le bout du nez chez moi» est espagnole... Simple question d’orthographe française ! Et la fameuse explication de «éj t’ai quier» («je t’aime») par l’espagnol «te quiero» tombe d’elle-même quand on tourne l’expression à la forme négative : «jé ne t’ai mie quier» !

 L’administration espagnole a néanmoins laissé une trace à Saint-Saulve, sous la forme d’une pierre sculptée aux armes du royaume, au-dessus du porche d’une ancienne maison, appelée au début du 20e siècle «le château», et aujourd’hui divisée en plusieurs habitations, rue Charles Giraud. Sur l’écu d’Espagne est apposé un écusson aux armes de Portugal, qui n’appartint à l’Espagne que de 1580 à 1640 : cela permet de dater la construction de l’édifice, mais non sa destination : était-ce un bâtiment administratif, ou la demeure d’un gouverneur, d’un collecteur d’impôts ou autre représentant local d’un roi d’Espagne (on a le choix entre Philippe II, Philippe III et Philippe IV) ?

 

SALVIUS, SILVIUS, SILVANUS ET LES AUTRES

DE SAINT-SAULVE A SAINT-SAUFLIEU SALVIUS

 

    SAINT-SAULVE (Nord) est la seule localité à porter le nom de l’évêque mérovingien Salvius. On trouve la première mention du monastère en 870 (Traité de Meersen), sous la forme Monasterium Sancti Salvii. (À la fin du 8e siècle déjà, la Passio sancti Salvii nomme basilica sancti Salvii la «basilique», dédiée à saint Martin, où l’évêque Salvius vient d’être inhumé). Un autre Salvius, évêque d’Albi, a donné son nom à SAINT-SALVI-DE-CARCAVES (Tarn), SAINTSALVY (Lot-et-Garonne), SAINT- SALVY-DE-LABALME (Tarn) et SAINT-SAUVY (Gers : Sent Saubi, 1473). C’est à un autre saint Salvius encore que (Nièvre : Sanctus Salvius, 924) doit son nom, de même que VILLENEUVE-SAINT-SALVES (Yonne : Sanctus Salvius, 1162 ; Villanova, 1171). Un saint ermite Salvius a vécu en un lieu qui s’appelle aujourd’hui SAINT-SAIRE-EN-BRAY (Seine Maritime : Sanctus Salvius in Braga, 13e siècle).

 

 SILVA, SILVIUS, SILVANUS

 

    En revanche, SAINT-SAUVES-D’AUVERGNE (Puyde- Dôme) et SAINT-SOLVE (Corrèze) n’ont rien à voir avec Salvius, mais avec un saint Silvius (nom de personne latin, formé sur silva, la forêt) - tout comme SAINT-SAUVANT (Charente-Maritime) et SAINTSAUVENT (Vienne) tirent leur origine du dérivé Silvanus (d’où le prénom Sylvain). Quant à SAINTSAUVIER (Allier), il remonte à Sanctus Silveus, doublet de Silvius. Le passage de silv- à sauv- (en passant par selv-, puis salv-) se retrouve dans «sauvage», issu de silvaticus (habitant de la forêt). On retrouve le même phénomène dans SAUVE (Gard), LA SAUVE (Nièvre), de Silva, LA SAUVE MAJEURE (Gironde), de Silva major, «la grande forêt», SAUVEPLANE (Aveyron, Lozère), de Silva plana, «la forêt plane, ou peut-être défrichée», SAUVELADE (Pyrénées-Atlantiques), de Silva lata, «la forêt étendue».

    Quant à SAINT-SAUFLIEU (Somme), il s’agit d’une déformation de Sessoliu (1144), auparavant Sexoldium (1066), tiré d’un nom d’homme germanique suivi du latin locus (en français, lieu). L’étymologie populaire a rapproché ce nom de celui de l’évêque d’Amiens, saint Saulve, ou Sauve, prononcé Sauf.

 

IL Y A SAULVE ET SAULVE...

 

    «Plusieurs se sont trompés, écrivait Henri d’Oultreman (Histoire de la Ville et Comté de Valentiennes, chap. VII), parlans de ce Sainct Martyr, lequel ils ont confondu avec d’autres de mesme nom. Car S. Sauve Evesque d’Amiens florissoit du Tems du Roy Thiéry. S. Sauve duquel parle S. Grégoire de Tours estoit Evesque d’Alby, sous le règne de Chilpéric. Et finalement S. Ouen en la vie de S. Eloy parle d’un autre de mesme nom, qui se fit cognoistre pour un très-docte & très-sage Prélat au Concile d’Orléans.» (Le «Roy Thiéry» est Théodoric II (587-613), fils de Childebert II et petit-fils de Brunehaut. Chilpéric est le premier du nom (539-584).

    Quant au concile d’Orléans, c’est saint Salvin, ou Sauvin, évêque de Mâcon, qui y participa en 538, 541 et 549 ; curieusement, sa fête est célébrée le même jour que celle de saint Salvy, évêque d’Albi...) En fait, sous l’appellation de sanctus Salvius, on trouve six personnages différents (celui qui a donné son nom à notre commune est le dernier dans l’ordre chronologique) : Un Salvius fut martyrisé «en Afrique» au début de l’ère chrétienne. Saint Augustin (354-430) a écrit son éloge. C’est peut-être le même Salvius qui était commémoré comme martyr en Espagne, avec vingt-trois de ses compagnons, le 11 janvier (jour de la fête de saint Saulve d’Amiens...)statue

    C’est à un autre Salvius, évêque (peut-être de Sion, en Suisse), que saint Euchère (évêque de Lyon de 428 à 450) a dédié une «Passion des Martyrs d’Agaune». Mais il y a peut-être eu confusion entre Salvius et Silvius. Sa fête est célébrée le 30 avril.

    Un troisième Salvius, ermite au 6e siècle, a laissé son nom à Saint-Saire-en-Bray. On le fête le 14 mai ou le 28 octobre (ancienne date de la fête de saint Saulve d’Amiens !) Grégoire de Tours a raconté la vie de son ami Salvius, qui fut évêque d’Albi de 574 à 584. Le monastère où il fut enterré a pris son nom : c’est aujourd’hui Saint-Salvi de Carcavès (Tarn) ; son souvenir demeure également à Saint-Salvy (Lot-et-Garonne), Saint-Salvy-de-la-Balme (Tarn) et Saint-Sauvy (Gers). Il est fêté le 10 septembre.

  Saint Saulve (ou Sauve), évêque d’Amiens, vécut à la fin du 6e siècle et au début du 7e. Il fonda un monastère, monasteriolum, en français Montreuil (-sur-Mer), où son corps fut transféré. On le commémorait autrefois le 28 octobre, mais sa fête a été transférée au 11 janvier. C’est sous Charles Martel (donc avant 741) que Saulve, évêque itinérant venu d’Auvergne, fut assassiné avec son disciple à Beuvrages, près de Valenciennes. Il a laissé son nom au village où il fut enterré, Saint-Saulve. Sa fête principale tombe le 26 juin, jour présumé de sa mort ; l’abbaye commémorait également sa translation le 7 septembre, et son élévation le 10 octobre. La confusion entre cet évêque itinérant et les évêques d’Amiens et d’Albi est ancienne : Pierre d’Outreman rapporte dans La Cour saincte de la glorieuse Vierge Marie à Valentiennes (1653) que «Sainct Salvin, ou S. Sauve Evesque d’Alby fit poser en l’Eglise d’Amiens le Corps de Sainct Firmin, qu’on avait trouvé à Valentiennes, où quelques uns qui l’avoient enlevé, l’avoient emporté».

 

LE NOM DE SALVIUS

 

    Vu le nombre de saints ayant porté le nom de Salvius, (et tous les Salvius n’étant pas forcément saints...), on peut supposer que ce prénom était assez répandu chez les chrétiens d’Occident, étant donné son sens mystique de «sauvé du mal». Déjà pour les anciens Romains, Salvius était un nom «de bon augure», puisqu’il dérivait de salvus, «sain et sauf, en bonne santé «(idée que l’on retrouve dans la formule d’au revoir ‘Salve !’, «porte-toi bien ! «qui correspond à notre «Salut !»- ainsi que dans le nom de la sauge, Salvia, «l’herbe de santé»). C’était le nom de famille de l’empereur Othon (32 - 69), Marcus Salvius Otho. En langue d’oc, Salvius est devenu Salvi, Salvy, Sauvy ou Sauby. Dans le Nord coexistent la forme savante Saulve et la forme populaire Sauve, souvent prononcée Saufe. On trouve ailleurs la forme, normale en français, Saulge ou Sauge. La forme normande Saire peut s’expliquer par une forme intermédiaire Sarvius (le r «roulé» étant assez proche du l).

    Le prénom de Saulve était assez courant, jadis, aux alentours de Valenciennes : à Condé, on trouve en 1586 Saulve de la Marle et son fils Saulvet ; à Beuvrages, Saulve Pilette en 1560 et Sauve Joly en 1680 ; sous l’abbatiat de Dom Benoît Dehault (1742-1761), on trouve comme prieur de Saint-Saulve Dom Saulve d’Argenlieu ; à Saint-Saulve encore est baptisé le 5 juin 1776 Saulve Super Martin Joseph Malart : son parrain est Saulve Super Martin Delvallée. Aux Pays-Bas, le village de Limbricht (aujourd’hui rattaché à la ville de Sittard), dont l’église est consacrée à Sint Salvius, compte encore aujourd’hui plusieurs habitants prénommés Salvius.

 

 


BIBLIOGRAPHIE

  • - Bibliotheca Sanctorum, tome XI, Rome, 1968.
  • - Albert DAUZAT et Charles ROSTAING, Dictionnaire des noms de lieux de France, Paris, 1963.
  • - A. ERNOUT et A. MEILLET, Dictionnaire étymologique de la langue latine, Paris, 1967.
  • - Auguste LONGNON, Les Noms de lieux de la France, Paris, 1929.
  • - Henri PLATELLE, ‘Survol de l’Histoire de Saint-Saulve’, dans Mémoires du Cercle Archéologique et Historique de Valenciennes, tome VII, 1971.
  • - F. SMEETS, A. GOOSEN, P. LE BLANC,  Lemborgh. Het kasteel en zijn Sint-Salviuskerk, Assen, 1984.

 

LA ROUGEVILLE

 

    Lieu-dit situé au bord de l’Escaut, actuellement partagé entre les territoires de Saint-Saulve et de Valenciennes, à proximité du village primitif de Saint-Saulve. La Rougeville est mentionnée par le chroniqueur valenciennois Jean Doudelet (fin 16ème - début 17ème s.), sous le nom de «la Seignourie de Rogier-ville ou Rouge-ville».1 La forme Rogier-ville est formée du nom d’homme germanique Roger et du mot latin villa. Il s’agit donc, selon toute vraisemblance, d’un établissement rural du haut Moyen Âge, propriété d’un certain Roger.

rougevilleLa présence d’une nécropole remontant au 7e ou 8e siècle, attestée par les fouilles archéologiques, sur le site de l’ancienne abbaye et du village primitif (postérieur d’un siècle ou deux à cette nécropole) de Saint-Saulve, nous amène à penser que ce cimetière était au départ celui d’une villa voisine, la Rougeville ou le Roucou, et que la basilique Saint-Martin mentionnée «en un cer tain lieu» (et non dans un village) était au centre de ce cimetière (la coutume mérovingienne voulait que les cimetières soient établis à l’écart des lieux habités ; c’est plus tard, à partir du 9e siècle, que le village s’implanta autour de la chapelle, devenue église paroissiale, et du cimetière qui la jouxtait).

Il se pourrait donc que la Rougeville soit l’origine première du village de Saint-Saulve. En 1857, Édouard Hamoir y fit construire, sur la rive droite de l’Escaut, le «château de la Rougeville» (démoli en 1969), et en 1867, sur l’autre rive, une ferme modèle qui fut exploitée jusque vers 1975. Le domaine s’étendait sur plus de 80 hectares.

Le nom de Rougeville a été donné à l’aciérie Vallourec, et au centre de rééducation dépendant de la Clinique du Parc, ainsi nommée du fait de son implantation dans l’ancien parc du château.Dans une autre partie du parc, au bord de l’Escaut redressé, a été creusé un étang de pêche, «l’étang de la Rougeville». C’est dans le château de la Rougeville, racheté par la famille Defays (d’où le nom de «château Defays» qu’on lui donnait naguère), que l’acteur Pierre Richard, né Defays, passa une partie de sa jeunesse (voir son ouvrage Le petit blond dans un grand parc).

 

LE ROUCOU

 

    Ancien lieu-dit du Bas-Marais de Saint-Saulve, à la limite de Bruay-sur-l’Escaut. Le nom apparaît en 1349 sous la forme Rocourt2, et en 1650 sous la forme Roucourt3.Le village de Roucourt, dans l’arrondissement de Douai (canton de Douai-Sud) est nommé en 1104 Radulphi Curtis, «enclos, domaine de Raoul». Il existe dans le Hainaut belge (entité de Péruwelz) un autre village du nom de Roucourt, mentionné vers 1050 sous la forme Rotgeri Curtis, «enclos, domaine de Roger».

2. ‘Deux wittelees de pret pau plus pau moins gisans en lancerie de Saint Sauve viers le folie et tenant au pret de Rocourt’. Acte de Guillaume de Canceris, prieur de Saint-Saulve, Archives départementales du Nord, 26 H 36 ; texte publié par Pierre Chapron, Le Prieuré de Saint-Saulve au Moyen-Âge, Lille, 1989, p. 108.

3.‘La Cense de Roucourt’. Simon Leboucq, Histoire Ecclésiastique de Valenciennes, publ. par J. Prignet, Valenciennes, 1844.

    Ces deux noms sont typiques du haut Moyen Âge. Ils sont formés, en effet, d’un nom d’hommenetb germanique et du mot latin curtis, qui désigne au départ une cour, un enclos, puis une ferme ou un domaine rural (autour duquel s’installait souvent un village - d’où les nombreux noms de lieux comportant le suffixe - court).La forme Rotgeri Curtis fait penser à la Rougeville, nommée à la fin du 16e siècle la Seignourie de Rogierville ou Rougeville1. Il se pourrait donc que les deux domaines de Saint-Saulve aient appartenu à un même personnage... mais il se pourrait aussi qu’il s’agisse de deux personnages différents, nommés l’un Raoul, l’autre Roger...

    A la fin du 18e ou au début du 19e siècle fut construite au Roucou, au milieu d’un parc boisé et agrémenté d’un étang, une belle demeure connue plus tard sous le nom de «Château du Président» ou «Maison du Président», tandis que le parc devint «le Bois Lécuyer». Les cartes «d’état-major» mentionnaient à cet endroit, jusqu’à une date récente, le lieu-dit «Maison du Président». L’installation de la Zone industrielle, en 1970, a fait disparaître le bois et le château. Il n’en reste que le souvenir dans le nom de la rue du Président-Lécuyer. Ces appellations rappellent Philippe Joseph Lécuyer (1788 - 1880), qui était président du Tribunal de Valenciennes. Il fut maire de Saint-Saulve de 1862 à 1870. Son monument funéraire au cimetière de Saint-Saulve porte la mention : «DÉCÉDÉ EN SON CHÂTEAU DE ROUCOU».

 

 L’ÉPAIX

 

    Ancien faubourg, aujourd’hui lieu-dit, situé à la limite de Valenciennes et de Saint-Saulve, marais dont il subsiste un étang.Du latin spatium, «endroit découvert, esplanade, lieu de promenade hors les murs» (d’où le français espace et l’allemand spazieren, «se promener»), l’Épaix est cité sous cette forme dans un acte de 1239 : il est question d’un ‘Joannes de Spatio’, «Jean de l’Épaix», d’un ‘Aegidius praepositus in vico qui dicitur de Spacio’ : «Gilles, prévôt du village appelé l’Épaix», d’un ‘Willelmus Major de Spacio’, «Guillaume, Mayeur de l’Épaix», d’un ‘Aegidius de Castello’, «Gilles de Cassel (?)» et d’un ‘Philippus Pelart’, ces deux derniers étant qualifiés de ‘scabini de Spacio’, «échevins de l’Épaix» (Aubert Lemire, Opera diplomatica et historica, Bruxelles, 1723, Supplementum, p. 856). Le marais de l’Épaix (anciennement l’Espaix, l’Espais, l’Espée) est voisin du cimetière Saint-Roch, en bordure de l’Escaut, où a été découverte, au début du 20ème siècle, une nécropole mérovingienne.

    Il y eut autrefois au marais de l’Épaix une chapelle dédiée à saint Martin, que plusieurs ont confondue avec celle de Saint-Saulve (Cf. Bernard Florin, Fouilles archéologiques à Saint-Saulve, 1990). Mais les deux sanctuaires coexistèrent jusqu’au 17e siècle. En 1400, la paroisse Saint-Martin de l’Épaix fut rattachée à Saint-Saulve : «Touchant la primitive fondation de l’église paroischialle de St-Martin de l’Espaix, il m’a été impossible de recouvrer trop bien qu’elle a este annexée à la cure de Saint-Saulve par M. Pierre d’Ailly, évesque de Cambrai, l’an 1400 [...] Elle fut rendue entre les paroischialles d’icelle ville [de Valenciennes] l’an 1461, le 20e de novembre». (Simon Le Boucq, Histoire ecclésiastique.., p. 79). Mais Saint-Martin de l’Épaix restait ‘succursale’ de Saint-Saulve, desservie par le curé de cette paroisse.

eglise st martinL’église de l’Épaix était en ruines au début du 17e siècle, d’après Simon Le Boucq, qui nous en a laissé le dessin aquarellé dans son Histoire ecclésiastique de Valenciennes (manuscrit à la Bibliothèque de Valenciennes). Sans doute fut-elle restaurée, puisque, en 1685, Louis Mérye, curé de Saint-Saulve, se plaint de l’insuffisance de sa portion congrue, étant donné la fatigue et le danger occasionnés par le service de Saint-Saulve, Saint-Roch et Saint-Martin de l’Épaix (Archives Municipales de Valenciennes ; texte publié par Christian Séverin, 1990).

Jusqu’à la Révolution, les curés de Saint-Saulve firent suivre leur signature de la mention «curé de Saint-Saulve et de l’Épaix» (Registres d’état civil, Archives communales de Saint-Saulve), et la paroisse de l’Épaix était représentée au Tour du Saint-Cordon (Pierre d’Outreman, La Cour saincte de la bienheureuse Vierge Marie à Valentiennes, 1653). Cependant, un texte de 1776 (Archives Municipales de Valenciennes, GG 596) parle de «la paroisse de Saint-Saulve à laquelle est unie celle de l’Épaix dit Saint-Roch» - ce qui tendrait à prouver que l’église Saint-Martin n’existait plus. Le hameau de l’Épaix est actuellement rattaché à la commune de Valenciennes et à la paroisse Saint-Michel.

    Une planche de l’Album de Croÿ (vers 1600), représentant l’Escaut de Valenciennes à Bruay, montre le Chastiau de Lespee, dans une boucle de l’Escaut.

 


 BIBLIOGRAPHIE

Louis Cellier, Glossaire topographique de l’Arrondissement de Valenciennes. - Christian Séverin, La portion congrue, Saint-Saulve, s.d.


 

LE RÔLEUR

 

    «Nous traversons la plaine de Mons et gravissons sans nous hâter la rampe du Rôleur. Il y a cent ans les voyageurs passaient vite en cet endroit et détournaient les yeux en se signant. C’est que tout près de là se trouvait la justice de la ville, le Mont-Faucon de Valenciennes. Cela consistait en une construction triangulaire, à hauteur d’appui, soutenant trois solides piliers en bois reliés à leur sommet par des barres transversales ; le tout formait un gibet très-présentable, offrant de la place à volonté. Là on suspendait par la gorge les larrons, robbeurs et autres mauvais garçons, et leurs corps y restaient jusqroleuru’à ce que, la hart rongée par l’humidité se brisant sous l’effet du vent, ils tombassent dans une fosse creusée par dessous où ils achevaient de pourrir sans autre sépulture. Ce gibet existait encore en 1789. La révolution a fait disparaître ces horreurs ; bénie soit-elle pour ce bienfait comme pour tant d’autres que nous lui devons. Aujourd’hui un moulin présente mélancoliquement ses ailes rouges au vent sur cette colline réhabilitée».

    C’est ce qu’écrivait en 1859 Louis Cellier (Voyage au Caillou qui bique, fantaisie. Extrait du Courrier du Nord. Valenciennes, imprimerie Henry).Le même Louis Cellier, dans son Glossaire topographique de l’Arrondissement de Valenciennes (Valenciennes, 1859), donne à Rôleur l’étymologie Regius locus, Roy-lieu, ‘lieu de la justice royale’... qui n’est étayée par aucun texte ancien, et ne se défend pas, historiquement parlant : de quel roi pourrait-il bien s’agir, puisque, comme le fait remarquer Pierre Chapron, avant la prise de Valenciennes par Louis XIV en 1677, la ville et ses environs relevaient de l’empereur germanique ? Et la forme Ro(u)leu(r) est la plus ancienne.

     Le nom de Rôleur est attesté dès 1347 dans un acte de Guillaume de Canceris, prieur de Saint-Saulve : «au bos du Rolleu» (Pierre Chapron, Le Prieuré de Saint-Saulve au Moyen Âge, Lille, 1989, p. 112). On trouve ensuite les formes Rolleur et Rouleu (1400), Roilieu (1638), Rolleur  1704), Roulleur (1741), Roÿleu (1774). Aucune étymologie satisfaisante n’a encore été trouvée à ce terme. Rôleur (forme populaire rôleux) peut signifier «vagabond, chemineau», mais aussi «celui qui tient un rôle, un registre» (par exemple des impôts).

    En 1793, les Autrichiens assiégeant Valenciennes installèrent sur la butte du Rôleur les batteries qui réduisirent en ruines la moitié de la ville. Les Canonniers valenciennois se défendirent énergiquement : de nombreux boulets furent retrouvés, longtemps après le siège, dans les champs environnants. Le moulin du Rôleur fut détruit.


Annexe : Lieux-dits et Enseignes

 

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