Renseignements




Mairie de Saint-Saulve

146 rue Jean Jaurès
59880 Saint-Saulve
Tél : 03 27 14 84 00
Fax : 03 27 14 84 49
e-mail :
mairie@ville-saint-saulve.fr
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Superficie :  1 204 ha
11 303 habitants
APE : 751 A
SIRET : 215 905 449 000 17
Code INSEE : 544
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Marché hebdomadaire :
MARDI MATIN
Av. Charles de Gaulle

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CARRIÈRES ET FOURS À CHAUX

  Une planche des Albums de Croÿ, représentant le village de Saint-Saulve vu des hauteurs du Rôleur entre 1598 et1602, montre des fours à chaux, au lieudit «la Carrière» (au bout de l’impasse des Beaux-Monts actuelle). Le terme «carrière» peut désigner, dans le parler local, un chemin carrossable ; mais la présence des «chauffours» laisse supposer qu’il y avait bel et bien une carrière de craie à proximité.

  La pierre calcaire du Sénonien, dite pierre blanche, est utilisée depuis des siècles pour la construction, malgré sa fragilité et sa sensibilité au gel : de nombreuses maisons anciennes de Saint-Saulve, comme de toute la région, sont construites en briques avec bandeaux, jambages et corniches de pierre blanche, sur soubassement de grès.

  La pierre blanche à bâtir est communément appelée «pierre d’Estreux» ; cela suppose que la pierre extraite à Saint-Saulve servait surtout à la fabrication de la chaux, autrefois utilisée pour le mortier et pour le chaulage des murs (il était de tradition, jusqu’avant la dernière guerre, de blanchir les façades pour la ducasse, les soubassements étant alors enduits de goudron ; cette coutume reste très vivace en Belgique et en Picardie). La chaux servait également, dans les tanneries, au dégraissage des peaux. En 1749, le revenu du four à chaux est estimé à 250 livres. Sous l’Ancien Régime, de nombreux Saint-Saulviens exercent donc le métier de «tireurs de blancs», dans des carrières souterraines peu profondes, sur lesquelles nous sommes peu renseignés ; il est vraisemblable que beaucoup de ces ouvriers travaillaient dans les carrières d’Estreux. Au début du 19e siècle se répand l’usage agricole de la craie, pour l’amendement des terres trop grasses.

  Mais c’est surtout le développement de l’industrie sucrière, suite au blocus continental de 1806, qui favorise l’implantation de nombreux fours à chaux dans la région : la canne à sucre est alors remplacée par la betterave, désormais cultivée sur une grande échelle dans tout le Nord de la France, et le lait de chaux sert à la purification du jus de betterave ; la houille, dont l’exploitation est en plein essor, sert de combustible pour les fours à chaux. Au cours du 19e siècle, grâce au développement des mines de charbon, s’implantent, à Saint-Saulve comme ailleurs, des fabriques d’huiles et graisses ou de produits chimiques, elles aussi grandes consommatrices de chaux.

  L’extraction de la pierre calcaire prend alors toute son ampleur. Ainsi, on trouve mention en 1826 d’une carrière située entre le chemin de Saultain et la commune d’Estreux, exploitée par le sieur Simon-Lesage. Henri Breucq exploite une carrière voisine jusqu’en 1876, date à laquelle les droits d’exploitation passent à la veuve Courtin-Flouert, de Valenciennes. À proximité, deux carrières sont exploitées à partir de 1863 par un habitant de Saint-Saulve, Hamoir-Boursier. Deux autres carrières sont ouvertes dans le même secteur en 1876, l’une par Pierre Joseph Carlier, cabaretier à Estreux, l’autre par Théophile Hunet, fabricant de sucre dans la même commune. Dans un autre secteur, situé entre la rocade Est et la RN 30, une carrière est exploitée dès 1847 par un sieur Bertout, sous un terrain appartenant à la famille Honorez-Failly, à une profondeur de 13 à 15 m. Elle a été effondrée volontairement et remblayée. On signale en 1886 une carrière exploitée en location par Zéphir Liénard. En 1889, Jules Michaux et son frère, de Saint-Saulve, ouvrent une carrière au Rôleur (près de l’observatoire actuel), sur une terre du sieur Thellier, fabricant de savon à Valenciennes. Le sieur Frappart reprend son exploitation en 1896 : c’est la seule carrière en activité cette année-là. Une nouvelle carrière est ouverte en 1898 par les sieurs Durieux et Vieuverotte, de Saint-Saulve, sous une parcelle appartenant à Madame Demouy ; mais, à ce jour, on n’a pas pu la repérer : peut-être n’a-t-elle jamais été exploitée.

  La veuve Hecquet-Crunelle exploite, en 1928, la carrière située à droite de la rue du Rôleur, vers Estreux. Édouard Douez, de Wallers, lui succède en 1930.

  Enfin, le sieur Pouille fait creuser à partir de 1937 plusieurs kilomètres de galeries, qu’il exploite jusqu’en 1962 : il s’agit de la dernière carrière en activité dans le Nord-Pas-de-Calais. La craie y est extraite, à une profondeur de 20 à 30 m., en «chambres et piliers». Les galeries, de deux à trois mètres de hauteur en moyenne, atteignent par endroits six à dix mètres.

  Les carrières, non boisées, minées par les infiltrations d’eau, constituaient un danger permanent : la chaussée de la rue du Rôleur s’est effondrée en 1962, provoquant la chute d’une cycliste, et plusieurs autres effondrements se sont produits, notamment en 1965 et 1966 ; les habitations bordant la route étaient également menacées. C’est pourquoi la municipalité de Saint-Saulve a fait procéder, de 1984 à 1986, à leur remblayage par injection de béton.

 


 BIBLIOGRAPHIE

 

  • BIVERT, Les carrières souterraines du Nord-Pas-de-Calais, p. 228-231.
  • J. ABRAHAM, Géologie de Saint-Saulve.
  • La Voix du Nord, éd. de Valenciennes, 12/02/99.

 

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